Iñaki de Juana s’attendait à cet avis
·La décision de l’Audience Nationale a provoqué des critiques unanimes au Pays Basque
La décision de l’Audience Nationale sur le maintien en prison du militant basque Iñaki de Juana Chaos, dont la vie est en péril après 145 jours de grève de la faim, a suscité des critiques quasi unanimes au Pays Basque. Passant outre l’avis du ministère public qui préconisait son assignation à domicile en raison de craintes médicales pour sa vie, la section pénale de l’Audience Nationale a décidé par une majorité de 12 juges contre 4 qu’il devait rester en détention provisoire médicalisée et alimenté de force [lire notre édition d’hier].Seul le Parti Populaire et l’Association des victimes du terrorisme (AVT) qui lui est proche ont applaudi la décision des magistrats. "Aujourd’hui j’ai éprouvé une grande joie, l’une des plus grandes de ces derniers temps en tant que citoyen espagnol", a lancé le président du PP Mariano Rajoy. " Je suis très satisfait et réconforté", a-t-il ajouté. "Nous sommes sur la bonne voie, parce que le chantage à l’État était évident et des décisions judiciaires de ce genre rassemblent les Espagnols". La présidente du PP basque, María San Gil, avait affirmé quelques heures avant l’annonce de la décision du tribunal qu’elle n’était pas préoccupée par l’éventuel décès du prisonnier basque. "Que de Juana meure ne me préoccupe pas, et je ne comprends pas que quelqu’un puisse s’en préoccuper".
Une question politique
Iñaki de Juana Chaos, qui est aujourd’hui à sa 82e journée de grève de la faim (après une première grève qui avait duré 63 jours), a affirmé à son avocat qu’il s’attendait à la décision du tribunal. "De Juana est assez dépité par la décision du tribunal, mais en quelque sorte il l’attendait", a dit à la presse Alvaro Reizabal. "Il savait qu’une question politique comme celle-ci pouvait avoir une réponse politique de la part des juges" a ajouté Me Reizabal, selon qui le prisonnier donostiar se trouve dans un état "critique".Le ministre socialiste de la Justice, Juan Fernando López Aguilar, interrogé sur cette décision, a évoqué le "respect" de l’indépendance des tribunaux. Son homologue basque, Joseba Azkarraga, l’a rendu responsable de la situation. "C’est M. López Aguilar qui, à la veille de la mise en liberté d’Iñaki de Juana, avait déclaré qu’il faudrait lui imputer de nouvelles accusations pour empêcher sa sortie de prison". Selon M.Azkarraga, De Juana Chaos "est le premier détenu pour un délit d’opinion dans l’histoire de la démocratie espagnole". "J’espère que cet homme ne mourra pas en prison", a encore ajouté le Ministre basque de la Justice. Son exécutif, à travers la porte-parole Miren Azkarate, a déclaré n’être "pas d’accord avec cette décision", évoquant "une ânerie". Toujours au Pays Basque, le secrétaire général des socialistes du Gipuzkoa Miguel Buen a suggéré que la décision judiciaire avait été prise "sous la pression excessive de certains titres de presse et de certains groupes politiques", une allusion claire au PP. Le secrétaire des socialistes basques, Patxi López a encore ajouté que le délibéré de l’Audience Nationale n’est pas la décision la plus judicieuse, étant donné que "l’assignation à domicile ne représentait aucunement une concession à un quelconque chantage". Patxi López a estimé que la peine de près de treize ans de prison pour deux articles d’opinion était "disproportionnée".
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