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Festival international des programmes audiovisuels
Le Fipa devient partenaire officiel de la coproduction locale transfrontalière
·Une convention a été signée mercredi, réunissant les producteurs indépendants d’IBAIA et les festivals de Biarritz et de Donostia
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Un bout de papier ne fait pas tout, mais il peut faire beaucoup. Le Festival des programmes audiovisuels de Biarritz démarrait mercredi matin en lançant notamment deux journées consacrées à la "coproduction interrégionale". Des sessions de travail réunissant producteurs et diffuseurs autour de huit projets de films. Partenaire recherche partenaires...Les rencontres se sont déroulées à l’étage de l’Espace Bellevue, dans une discrétion étonnante. Car aucune publicité n’a été faite à la convention, signée dès avant les sessions de travail mercredi matin, lors même qu’elle pourrait être qualifiée d’historique. Car c’est une sacrée base formelle, d’autant qu’elle fait suite à sept années de tentatives infructueuses de la part du Fipa et de la Commission du film Pyrénées-Atlantiques.
Versant sud
Cette dernière est l’une des 37 antennes locales de la Commission du film, dont la mission est d’attirer les tournages de films sur l’hexagone. L’aspect défensif (empêcher la délocalisation des équipes françaises) se mêle étroitement à la démarche offensive (attirer les projets européens). C’est à cette commission que l’on doit de voir un peu moins rarement à l’écran le casino de Biarritz, voire la cambrousse de... oui c’est vrai c’est souvent Biarritz.... (Saint-Jean-de-Luz parfois). C’est cependant très important pour les travailleurs locaux, intermittents du spectacle ou non, qu’ils soient scénaristes, traducteurs, techniciens ou chargés de la postproduction... Frédérique Albrecht, chargée de la Commission du film Pyrénées-Atlantiques a pu se rendre compte de la difficulté à impliquer les structures politiques et administratives locales, qui ont pourtant leurs conventions (Aquitaine-Euskadi, la ville de Biarritz avec son "Pôle-image"...). "On ne peut pas se substituer aux dirigeants", explique-t-elle, rappelant que le Fipa comme la Commission, de par leurs prérogatives, ne peuvent qu’être des médiateurs, des facilitateurs, des incubateurs. Bref, au bout de sept années de tentatives de formules, et une fois de plus, le concret nous est venu du versant sud de la Bidassoa. C’est en septembre dernier, au cours du Festival international du film de Saint-Sébastien (Zinemaldia), que pour la première fois les trois instances ont véritablement travaillé ensemble : le Fipa, Zinemaldia et IBAIA (association des producteurs indépendants du Pays Basque). Et la formule a ainsi été définie : en amont l’appel à projets et leur sélection, le jour J leur présentation aux professionnels et en aval... vogue le navire.
L’or des Nazis
La première journée au Fipa était ainsi consacrée à la présentation des projets, "peaching" dans le jargon. Huit projets de films étaient en lice, venant de part et d’autre de la frontière, un gros contingent de documentaires, accompagnés notamment d’un pilote pour une série de courts films d’animation.Les diffuseurs ne sont pas venus en masse. Heureusement, il y avait Annie Bataillard, de Arte à Strasbourg, qui fut chargée des Théma et qui venait au Fipa comme chargée de la programmation des documents historiques. "Votre projet pourrait m’intéresser", lançait-elle au réalisateur Xavier Pajot qui concluait une présentation passionnante de son projet "Or et tungstène". Son sujet ? La gare de Canfranc, dont la récente découverte d’archives pourrait bien lever un lièvre de taille : durant la seconde guerre mondiale, des matières premières ibériques (notamment du Tungstène pour du matériel de guerre) auraient été échangées contre de l’or provenant du Reich. Un trafic dont le cadre et les modalités rejoindraient le plus baroque des romans d’espionnage. Un seul bémol d’Arte, de taille : "je dois vous prévenir que nous refusons régulièrement des projets autour de l’or des nazis, qui, comme vous le disiez vous-même, véhicule beaucoup de fantasmes". Réponse : "On a besoin de faire ce film pour connaître la vérité". Et le cauchemar du producteur apparaît en plein, sous la forme d’un grand serpent qui se mord la queue. Pas de sou sans qualité ; pas de qualité sans sou. Reins fragiles s’abstenir. D’où la nécessité de s’unir à d’autres producteurs.
Questions de culture
Et pour le coup, rien ne remplace le contact physique. Stéphanie von Lukowicz connaît son affaire. Depuis 12 ans elle a enchaîné des expériences en Allemagne (pour une télévision privée), en France (Arte Strasbourg... eh oui), l’Espagne (Mercadoc, festival du documentaire de Malaga) pour s’impliquer au sein d’IBAIA. Elle était déjà là au Zinemaldia l’an dernier, la revoici en madame-entregent de ces journées transfrontalières du Fipa. Les difficultés d’un tel réseau basque transfrontalier ? "La question est de savoir si l’on s’associe pour une vraie coproduction ou pour une aide logistique au tournage... A l’inverse [pour la diffusion], une télévision française a d’énormes préjugés sur la qualité des programmes espagnols, ou pour prendre un autre exemple, l’Espagne programme très peu de documentaires alors que la culture française en est friande..."Les points forts ? D’abord la langue, tant pour les traductions, doublées ou sous-titrées, que pour la communication de pays à pays. Bref, cette convention de partenariat a quelques atouts dans ses manches. Pour dépasser le v¦u pieux. Reste aux autorités locales à retrousser les leurs.
Txepe, producteur et militant
Parmi les huit projets présentés, il y avait celui porté par le producteur Jose Maria "Txepe" Lara (Alokatu, à qui l’on doit notamment le film Aupa Etxebeste !) : dans Sueños rojos, la réalisatrice Catherine Ulmer Lopez revient sur une figure, Celestino Uriarte, éternel militant, perpétuel exilé. Républicain actif durant la Guerre d’Espagne, prisonnier basque au camp de concentration de Gurs, responsable politique et militaire à Madrid, Valence, en Asturies... l’homme fut en constant mouvement, de l’Espagne à la France en passant par l’Amérique du sud et l’Allemagne, où il meurt en 1979. Le documentaire est riche de témoignages de proches. Et comme le temps presse, "on ne pouvait pas attendre les financements, on a dû y aller". Bref, comme tous les confrères, Catherine tourne, crée, coûte que coûte, ce qui, pour vivre, nécessite de mener tout de front. Ainsi démarche-t-elle en ce moment pour quatre projets. Apprendre à mentir Un seul d’entre eux est fini et a déjà été acheté par la télévision française (diffusion le 8 avril prochain) : A l’école des prêtres, une enquête sur les débuts de carrière au Vatican. Son producteur, Txepe, a la répartie drue. Le métier de producteur ? "Apprendre à mentir". Et ce n’est pas une profession de foi : pour lui, c’est la télévision qui oblige les créateurs et les producteurs à se renier continuellement. "Mais je suis producteur-militant" ajoute-t-il dans un clin d’¦il, pas dupe du destin de l’adversaire, celui qui croyait prendre. Ainsi leur couple dépareillé avançait-il mercredi dans la bruine biarrote : une cadence régulière et des pas de côté rigolards. "Oups, je suis en retard" : rendez-vous avec une chaîne de télé suisse. "Je vous rejoins"Š
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