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Le JPB > L'opinion > Tribune Libre 2007-01-12
Jean HAIRA / militant de la LCR Pays Basque
Un toit est un droit

L’hiver 2006-2007, quelques semaines avant l’élection présidentielle, a permis une grande révélation : il y a des pauvres qui vivent à la rue! Il y a même des salariés qui ont un salaire si bas qu’ils ne peuvent pas payer un loyer ou avancer les cautions imposées par les propriétaires.

Et qui découvre cela ? Chirac et toute la classe politique derrière lui. Un Chirac qui, déjà en 1995, faisait campagne contre "la fracture sociale". Il avait été contraint d’accepter, comme maire-candidat, la réquisition de logements vides, à la suite de mobilisations populaires, comme par exemple aujourd’hui l’ancienne banque occupée à Paris par l’association Droit au logement (DAL). Mais une fois élu président, finie la comédie ! Oubliée... la fracture sociale.

Il est donc fort à craindre que la droite ne fasse de la proclamation en fanfare du "droit au logement opposable", un simple objet de rivalités entre Chirac à Sarkozy. Les associations pour le droit au logement ont réussi à imposer, par le rapport de force, un hébergement immédiat aux personnes les plus en détresse. Mais il reste à contraindre le pouvoir, quel qu’il soit, à appliquer des solutions à long terme.

Payer un logement, c’est de plus en plus dur

Les demandes de logement HLM ne cessent en effet d’augmenter : 1300 000 aujourd’hui. Et le nombre de logements manquants est estimé à 900 000. En 2005, on a construit seulement 70 000 logements sociaux et le budget public baisse de 2,7% en 2007 par rapport à 2006. Sans compter que la loi obligeant les communes à réserver 20% de logements sociaux n’est pas appliquée, à commencer par les communes les plus riches, comme celle de Nicolas Sarkozy à Neuilly, qui aime les pauvres, mais loin de chez lui !

Lorsque la moitié des salariés gagnent moins de 1400 euros, et que tous les salaires sont comprimés, comment faire face aux dépenses de logement ? Les gros propriétaires et les spéculateurs ne cessent, eux, de faire fortune sur la hausse de l’immobilier. La part du budget des ménages consacrée au loyer est donc constamment en hausse, ce que ne reflète nullement l’indice officiel des prix.

Résultat : 35% des sans domicile fixe (SDF) sont salariés. Et la pauvreté augmente à nouveau, notamment depuis 2002, avec plus 7 millions de personnes au-dessous du seuil de pauvreté selon les critères de calcul européens. La mobilisation des sans-abri et des associations a donc mis au grand jour une crise générale du logement populaire. Il faut maintenant y répondre !

Répondre à l’urgence, garantir le droit

Il existe une loi, datant de 1945, ouvrant aux pouvoirs publics la possibilité de réquisitionner les logements vacants. Cette loi doit être appliquée immédiatement ! Il est inadmissible que des immeubles attendent, vides, d’être vendus à des prix astronomiques alors que des personnes et des familles sont à la rue. Il est également inadmissible que des logements parfaitement viables soient démolis pour des opérations immobilières, alors qu’il faudrait les réhabiliter avec le contrôle populaire des collectifs d’habitants, des associations et des syndicats.

La deuxième mesure est le blocage des loyers (20% au maximum dans le budget des ménages), et l’interdiction des expulsions locatives pour impayés. Quitte à remettre en cause le pouvoir des grands propriétaires immobiliers.

Il faut en effet un droit garanti au logement pour tous, opposable aux pouvoirs publics, comme devraient l’être tous les droits sociaux. Cela signifie que l’Etat a l’obligation, comme pour le droit à l’école, de garantir un logement, un toit, à toute personne. Cela passe par la mise en place d’un grand service public national, financé notamment par des cotisations d’entreprises (comme le 1% patronal), ainsi qu’une redistribution des richesses et la fin des cadeaux fiscaux aux plus riches.


 
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