Au lendemain de la revendication de l’attentat de Barajas, le parti de la gauche abertzale a souhaité faire une analyse du communiqué de l’organisation armée. Tout en soulignant la "gravité du moment", les porte-parole Xabi Larralde et Jean-Claude Aguerre estiment qu’"une opportunité reste ouverte" pour mener à terme le processus de paix.Tous deux ont rappelé la double requête adressée, d’une part, aux gouvernements espagnol et français pour qu’ils "réaffirment leur volonté de construire un processus démocratique" de paix en Pays Basque et de l’autre, à l’ETA pour qu’elle "conserve intacts ses engagements exprimés lors de la déclaration du cessez-le-feu permanent du 22 mars 2006. "Force est de constater que le seul acteur à avoir répondu est l’ETA". Batasuna estime que "quels que soient les qualificatifs" utilisés pour commenter le communiqué, "l’ETA réitère son cessez-le-feu et son engagement pris le 22 mars en faveur d'un processus de paix au Pays Basque". Donc Batasuna considère que "l’opportunité reste ouverte afin de concrétiser le processus permettant une paix durable et définitive au Pays Basque. À partir de là, à chacun des acteurs de faire preuve de responsabilité".
À la question, un processus est-il toujours possible, Batasuna répond par l’affirmative. "Non seulement il est possible, mais il n’y a pas d’autre alternative".
Dans ce sens, le parti de la gauche abertzale a réitéré "solennellement" son engagement "en faveur d’un processus démocratique et pacifique" qui, à terme, permettrait aux habitants du Pays Basque de "décider librement de leur statut politique". Selon Batasuna, "il reste à savoir si Madrid et Paris sont disposés à respecter cela".
Le parti de la gauche abertzale croit "évident" qu’il faut reconstruire les bases du processus et appelle dans ce sens l’Etat français à "changer sa position". Batasuna présentera le 27 janvier à Ustaritz une proposition adressée au gouvernement français pour qu’une nouvelle phase de négation de l’existence du Pays Basque ne se répète pas. Selon Batasuna, l’Etat français est héritier d’un système jacobin centralisateur du XIXe siècle. "Tôt ou tard la France devra revoir son modèle d’organisation interne" et "octroyer au Pays Basque un cadre garant de la reconnaissance et du respect d’Euskal Herria".
Batasuna adhère à la marche
Par
ailleurs, Batasuna a finalement adhéré à la manifestation appelée par le lehendakari Juan Jose Ibarretxe sous le thème "Pour la paix et le dialogue" [lire notre édition d’hier]. Le parti de la gauche abertzale affirme être d’accord avec le slogan choisi et son porte-parole navarrais Pernando Barrena n’a pas voulu polémiquer ni avec les dirigeants du PNV ni avec ceux du PSE. Le Parti Socialiste d’Euskadi, qui avait exprimé son désaccord avec ce mot d’ordre, avait indiqué qu’il s’y joindrait "afin de ne pas aviver les divisions au Pays Basque", à la condition expresse que Batasuna n’y participe pas. Après la confirmation de la participation de Batasuna, le PSE a demandé à Juan Jose Ibarretxe un changement de mot d’ordre, requête à laquelle le lehendakari va très probablement accéder.
Le président du PNV, Josu Jon Imaz, avait lui aussi jugé indésirable la présence de Batasuna. "Que ça soit clair, la manifestation est contre la violence de l’ETA", avait-il souligné.