"Le message que nous avons porté à Jean-Jacques Lasserre est très clair. Pour nous, il n’est pas question de rentrer dans une phase de négociation", a déclaré hier Jean-Michel Anxolabehere à la sortie d’une entrevue avec le président du Conseil général. Une délégation de neuf responsables de la FDSEA a rencontré J-J. Lasserre hier pour lui demander "plus de précisions" sur le projet de route Pampelune-Salies-de-Béarn."Nous avons posé fermement notre exigence de suspendre le projet de transnavarraise tant que nous n’avons pas plus de précisions sur ses conséquences au niveau agricole", a affirmé le président de la FDSEA Pays Basque. Le syndicat veut que la chambre d’agriculture départementale soit associée aux travaux du Conseil général pour mesurer l’impact du projet sur l’agriculture.
Jean-Jacques Lasserre, qui n’a voulu faire aucun commentaire à la presse à l’issue de la réunion, "a compris nos exigences et reconnu que nos demandes sont justifiées", a commenté J-Michel Anxolabehere. "Il s’est engagé à concerter la profession agricole à travers les syndicats", a-t-il ajouté. Pour le reste, une réponse sera donnée dans les prochains jours.
La FDSEA a tenu à préciser que le président du Conseil général lui avait assuré que le projet était bien celui d’une route à 2x1 voie. "C’est une précision utile en ces temps où l’on entend beaucoup de choses", a-t-il noté.
Toutefois, le syndicat attend une présentation du projet "dans sa globalité, avec plus de précisions". "Il faut sortir de ce flou artistique", a commenté J-M. Anxolabehere. "Aujourd'hui, quoi qu’en disent certains, nous n’avons pas les éléments", a-t-il ajouté dans une allusion à peine voilée à ceux qui, comme Leia ou ELB, refusent fermement le projet. "Il faut arrêter les attitudes hypocrites", a d’ailleurs poursuivi François Lavigne, autre responsable du syndicat. "Transnavarraise ou pas, il y a des déviations qui sont aujourd’hui nécessaires, comme le contournement de St-Jean-Pied-de-Port. Il faut être auprès des agriculteurs pour les aider", a-t-il estimé.
Pour lui, les attitudes contestataires sont "très confortables" mais elles "font payer très cher la facture finale aux agriculteurs".
Pour la FDSEA, la prise de position d’hier n’est en rien une marche arrière. Pourtant, le syndicat avait publiquement indiqué qu’il n’appellerait pas à la manifestation organisée par Leia contre le projet à St-Palais le 30 décembre dernier. J-Michel Anxolabehere avait même ajouté que l’heure était à la constitution de réserves foncières et à l’accompagnement des agriculteurs. Depuis, le président de la FDSEA a aussi eu des mots très durs contre Leia.
"Nous ne changeons en aucun cas notre position. Certes, nous avons peut-être brûlé les étapes mais notre position a toujours intégré ce que nous affirmons aujourd’hui", a jugé la FDSEA.
Les précisions d’hier sont sans doute les bienvenues pour le syndicat dans un contexte d’élections à la Chambre d’agriculture où un grand nombre d’exploitants bas-navarrais de tout bord syndical refusent fermement le projet.