Explosion du nombre d’inscriptionssur les listes électorales au Pays Basque
·Les derniers jours de décembre ont connu une affluence record de mémoire d’administration municipale
Un justificatif de domicile et une carte d’identité. Avec une bonne dose de patience, ce sont là les seules armes que le citoyen avait à disposition pour affronter les longues files d’attente au service Etat civil des mairies locales fin décembre. Et à en croire les chiffres, les échéances électorales en ont précipité bon nombre en mairie, afin d’obtenir le précieux sésame indispensable à l’exercice du devoir d’électeur.Effet des campagnes de sensibilisation ou des souvenirs d’un certain 21 avril 2002, les suffrages ont indéniablement excité la ferveur des inscriptions, dont le nombre a partout, et au minimum, doublé par rapport à celui de l’année précédente. A Bayonne, 3564 inscriptions en 2006. A Biarritz, 2454 contre 1004 en 2005. A Anglet, 3133 contre 1367. À St-Jean-Pied-de-Port, on est passé de 17 inscrits en 2005 à 84 cette année.
Des derniers jours décisifs
À la mairie d’Hendaye, même son de cloche. Sur les 678 nouveaux inscrits, 358 ont effectué la demande de carte au mois de décembre, soit près de 53 %. La ville frontière illustrait en cela la tendance générale d’une mobilisation augmentant à mesure que s’approchait la date de clôture des inscriptions, soit officiellement le 31 décembre, mais dans les faits le vendredi 29. Sauf pour Biarritz, dont les services avaient organisé une matinée de rattrapage le samedi 30, dérogeant ainsi au week-end administratif, ce qui a permis à une foule importante de ne pas louper le coche. Un signe du nombre de ceux qui ont laissé passer l’échéance par distraction.Beaucoup de retardataires ont ainsi cru à une dérogation. Hélas, aucun recours ici : seul le Tribunal est compétent mais ne recevant que les cas exceptionnels, peut-être une installation tout début janvier... L’assouplissement que l’administration française a expérimenté quant aux procurations n’a donc pas fait école. A Hendaye comme partout, les derniers jours ont donc été décisifs. "Le vendredi 29, ça a été l’horreur", détaille Josette Monblanc, agent à la mairie d’Hendaye, "on n’a pas arrêté de toute la journée". Un peu plus haut sur la côte atlantique, les services municipaux de la ville de St-Jean-de-Luz établissent un constat similaire. Sur les trois derniers jours précédant la clôture des inscriptions, ce sont près de 208 citoyens qui ont "déboulé" soit presque 20 % du total des inscrits sur l’année 2006. Un véritable record.
Tous les âges
Et il y en a pour tous les âges. Car si l’on pense d’emblée à l’inscription massive de jeunes de moins de 25 ans, les autres tranches d’âge sont tout autant concernées. C’est ce qu’affirment du moins la plupart des services municipaux interrogés."Nous avons été frappés par la venue d’un grand nombre de gens de plus de trente ans et qui n’avaient jamais été inscrits sur les listes électorales", explique Josette Monblanc. Une tendance qui semble également se confirmer partout. Exemple à Anglet où, parmi 813 inscriptions inaugurales, et même si la ferveur suffragette va décroissant avec l’âge, on compte 128 trentenaires, 79 quinquagénaires, 32 cinquantenaires et 16 personnes de plus de 59 ans...
Plus de choix dans la date
Outre les présidentielles et législatives de mai et juin prochains, il fut un temps question de revenir à 2007 pour les municipales, cantonales et sénatoriales (renouvellement de moitié tous les trois ans pour ces deux dernières élections). Une loi de 2005 avait en effet repoussé d’un an le calendrier local normal, pour cause de sursaturation de l’activité citoyenne. L’entourage du Président de l’UMP M. Sarkozy émit ainsi le souhait de revenir à 2007. Les analystes ont parlé d’une volonté de surfer sur une éventuelle victoire aux législatives, puisqu’une loi quasi naturelle veut que tout exercice du pouvoir, ne serait-ce que d’un an, induise un mécontentement populaire...En novembre, ce calcul officieux mais filtrant dans la presse, avait suscité l’émoi des maires des petites villes de France , dont l’association avait officiellement protesté auprès de Matignon, qui rappela M. Sarkozy à l’ordre. Il est vrai qu’entre-temps, la certitude de conserver l’hémicycle s’est ébranlée... Bref, sauf élections anticipées (ce qui n’est pas rare), c’est l’Elysée et le Palais Bourbon qui ont mobilisé le civisme des foules.
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