"On se croirait dans un film d’Hitchcock", répète à l’envie l’adjoint au maire de Boucau, Pierre Pedroza. Depuis une semaine, un immense nuage noir prend son envol le matin, non loin de l’usine Maïsica, pour revenir le soir après une journée de promenade. Dix à 20000 étourneaux selon les estimations de la municipalité contrarient les riverains qui habitent dans cette zone. Ils forment des bandes impressionnantes à voir et s’organisent pour constituer des dortoirs la nuit.Si l’oiseau peut être sédentaire dans nos contrées, des populations nordiques et orientales migrent ici en hiver. Elles n’ont pas peur du voisinage de l’homme et peuvent ainsi s’établir dans les centres-villes.
"Tous les matins, ils partent à 8h30 et reviennent tous les soirs à 17h30", explique Pierre Pedroza. "Ils se regroupent tous dans un résineux et dorment là-dedans. Je ne sais pas comment ils font pour y entrer tous", ajoute-t-il.
Les contrariétés de la municipalité viennent du fait que ces oiseaux sont considérés comme "nuisibles" et que vu le nombre, ils produisent beaucoup de fientes.
"Dans ce quartier, les habitants ont déjà les rejets aériens des usines, souvent des follicules de maïs volent également...", commente l’élu boucalais.
La municipalité souhaite que les oiseaux s’en aillent mais n’a pas de solution pour l’instant. La fédération de chasse a été contactée. Des techniciens devraient en dire plus la semaine prochaine. La possibilité d’avoir recours à un faucon, prédateur des étourneaux, a été avancée. Un fauconnier de La Bastide Clairence doit venir sur les lieux voir si cette initiative peut être compatible avec la présence proche des usines. En effet, le rapace obéit à son maître en captant les ultrasons émis par ce dernier. Le bruit environnant pourrait perturber son action.
"Ce n’est évidemment pas la solution d’envoyer ces milliers d’oiseaux ailleurs. Ni Bayonne, ni Tarnos n’en veulent. Mais on va être obligé de les pousser quelque part, c’est la seule solution que nous avons", a indiqué Pierre Pedroza.