Une ligne électrique met sous haute tension les élus souletins
·Tous s’accordent sur la nécessité de la rénover mais les élus s’opposent au mode de transport proposé par la RTE
Les communes de Larrau, de Sainte-Engrâce et de Licq sont connues entre autres, pour leurs barrages hydroélectriques. La production d’électricité venant de ces installations est acheminée par la suite vers une centrale distributrice, qui enverra cette électricité un peu partout en Europe. Dans le cas présent la "route départementale électrique" passe par les cantons de Tardets et de Mauléon avant de prendre la direction de Mouguerre où se trouve le poste source des distributeurs. Le problème actuel vient de la vétusté de la ligne haute tension entre Licq et Idaux-Mendy. Celle-ci doit être rénovée avant 2009. Le Réseau de Transport d'Electricité (RTE), organisme qui exploite, entretient et développe le réseau public français de transport d'électricité des lignes électriques haute et très haute tension, souhaite reconstruire une ligne aérienne, mais les élus s’y opposent préférant une ligne enfouie.L’installation actuelle existe depuis 1917, et les derniers travaux de rénovation du réseau (d’un montant de 600000 euros) étaient des ouvrages d’urgence pour consolider le réseau. Les travaux futurs semblent inévitables, comme le concède Jean-Pierre Libilbéhéty, maire de Lichans-Sunhar, une des communes par laquelle passe la ligne, "c’est une ligne haute tension de 63000 volts qui a maintenant 90 ans et forcément son état actuel devient préoccupant. La Direction Régionale de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement (Drire) avait conclu, après une étude de sa part commanditée par nous, les maires des communes traversées, que la ligne soit refaite avant 2009 du fait de sa vétusté. Son état deviendrait très préoccupant en 2009 au point que le transport d’électricité pourrait être arrêté si des travaux de rénovation n’étaient pas faits d’ici là."
Ce sera le tracé originel
Comme tout le monde s’entend sur le fait que des travaux sont nécessaires, une étude a par la suite été lancée afin de décider par où la nouvelle ligne devait passer, et par quel moyen le transport devait s’effectuer, aérien ou sous-terrain. Le choix s’est finalement porté sur le parcours original qui passe par Licq, Laguinge, Lichans, Alos, Ossas, Mendite, Aussurucq et Idaux-Mendy. Une solution soutenue dès le début par les maires concernés, "tellement elle paraissait évidente" souligne Jean-Pierre Libilbéhéty.Mais le 15 décembre dernier, lors d’une réunion à l’initiative du Sous-Préfet d’Oloron, où se trouvaient la Drire, la RTE, le représentant de la Sous-Préfecture, les maires des communes concernées par le parcours ainsi que des responsables d’associations, le choix du mode de transport a été dévoilé : ce sera à nouveau une ligne aérienne. C’est sur ce point que le maire de Lichans-Sunhar exprime son désaccord et celui de ses compères, "nous sommes farouchement opposés à cette solution. Nous voulons que la nouvelle réalisation soit enterrée. Il semble dans cette affaire que seul l’aspect financier prime du côté de la RTE. Il est vrai que le rapport est en faveur de l’aérien plus économique que l’enfouissement. Mais nous, nous souhaitons que d’autres considérations soient prises en compte". Pour remettre en cause cette nouvelle installation, les opposants s’appuient sur plusieurs points, "le premier c’est que nous ne voyons pas pourquoi alors que dans toutes les communes nous faisons l’effort d’enterrer tous les réseaux, là il faudrait garder de l’aérien. Deuxièmement, la ligne existante a 90 ans et nous savons très bien que la nouvelle ligne repartira pour au minimum 90 autres années. Nous ne voulons pas subir et faire subir cela aux générations futures. Le troisième point découle d’une réflexion de M. Christian Kert, un parlementaire qui a lancé un projet de loi. Dans son rapport du projet de loi, il a souligné le gros retard de la France sur les autres pays européens concernant l’enfouissement des lignes". Au jour d’aujourd’hui la situation n’a pas bougé. Le journal a tenté de joindre l’entreprise RTE afin qu’elle puisse s’exprimer sur le sujet, mais les responsables du projet sont encore en vacances pour le reste de la semaine. Une prochaine réunion devrait avoir lieu, au cours de laquelle une autre alternative devrait être proposée, mais pour l’instant tout est au conditionnel. "Nous n’avons aucune idée de la date de la prochaine concertation pour l’instant", explique Jean-Pierre Libilbéhéty.
Projet d’intérêt public ?
Si une alternative peut être évoquée par la Préfecture, celle-ci peut aussi déclarer le projet d’intérêt public et ainsi l’imposer en l’état. Une éventualité dont le maire de Lichans-Sunhar a conscience, "Monsieur le Préfet a ce pouvoir. Qui plus est sachant que la ligne rapporte 40000 euros par jour et que plane sur elle l’arrêt total de son utilisation si elle n’est pas refaite avant 2009. On donne déjà un droit de passage sur nos terres sans en tirer un quelconque avantage, alors j’espère qu’ils vont tenir compte de nos petites exigences." Du côté de la Préfecture du département, le service communication de Monsieur le Préfet nous a confirmé, "qu’une réunion aura bien lieu, mais que pour l’instant personne n’avait fixé de date. Dans les semaines qui arrivent, la Préfecture va se concerter avec la Drire et la RTE dans le but de savoir dans quelles mesures on peut prendre en considération les demandes des élus et autres associations." La Préfecture a en outre rajouté qu’elle "n’avait pour l’instant pas de position arrêtée sur le sujet."
Une "autoroute des oiseaux" en danger
D’autres personnes que les élus souhaitent donner leur point de vue favorable à l’enfouissement de la ligne, notamment sur le plan écologique. C’est le cas de l’association Organbidexka Col Libre qui étudie et protège les oiseaux migrateurs. Le Maire de Lichans-Sunhar, Jean-Pierre Libilbéhéty nous relate la position de l’association protectrice lors de la réunion du 15 décembre dernier, "Organbidexka a soulevé un point auquel nous n’avions pas pensé en parlant "d’autoroute des oiseaux". En effet, de nombreux oiseaux migrateurs traversent l’étroite vallée, et les câbles électriques sont et seront un grand danger. Beaucoup d’oiseaux meurent en s’empalant sur ces installations, et les dispositifs installés, censés éloigner les oiseaux, sont très peu efficaces. Dans le nouveau projet, le danger pour les palombes, cigognes, et tous les autres oiseaux migrateurs passant par là, est d’autant plus grand que les pylônes électriques seront plus hauts et plus imposants".
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