Gara: Latest news - Printed edition  |  Le Journal |  Documents
 
EUS | ES | FR | ENG
 » PRINTED EDITION
  - Index
  - Sujet à la une
- Basque Country
- Local
- Opinion
- Culture
- Sports
 » DOCUMENTS
 » Hemeroteka
Le JPB > Sports > Rugby 2007-01-05
Robin Linde | Joueur de l´Aviron Bayonnais
Robin dans le peloton de tête de tous les classements
·ENTRETIEN

Meilleur joueur du Top 14 pour le mois de novembre selon le journal l’Equipe, qualifié de meilleure recrue du championnat en cours par nombre de spécialistes, Robin Linde, le deuxième ligne de l’Aviron Bayonnais (2m05, 110kg), est celui dont beaucoup de monde parle dans le Top 14. Auréolé de ces récompenses et sollicité par d’autres clubs, le Sud-Africain a pourtant décidé de rester deux saisons de plus à l’Aviron malgré la position délicate du club en dernière place du Top 14. Avant d’aborder le sprint final du championnat, qui commence avec la rencontre contre le Stade Français samedi, le journal a rencontré cet étonnant joueur aux valeurs presque d’un autre temps, au regard du rugby pro d’aujourd’hui.

Quel a été votre parcours avant d’arriver à Bayonne ?

J’ai commencé à jouer au rugby assez tard, à l’âge de 17 ans. Avant je jouais surtout au football au milieu de terrain. J’aimais vraiment y jouer. Mais je n’étais pas vraiment bon alors dès qu’on m’a proposé d’essayer le rugby, j’ai accepté et j’ai adoré ça. J’étais déjà très grand jeune et donc de suite on m’a positionné dans la mêlée pour pousser mais surtout pour sauter en touche. Très vite ça a marché et j’ai intégré l’équipe d’Afrique du Sud Scolaire. Tout est arrivé très vite et ça a changé ma carrière. J’ai joué avec les Natal Sharks de Durban, ensuite je suis parti pour Cape Town ou j’ai été enrôlé par la Western Province, et enfin j’ai intégré les Sortmers. J’ai disputé le Super 14 (compétition réunissant les meilleures provinces de l’hémisphère sud) avec ces différentes équipes. La suite vous la connaissez c’est l’Aviron Bayonnais.

Vous savez que Bayonne va affronter Lyon en Football ?

Lyon la meilleure équipe du championnat ? Je ne savais pas et ça a lieu quand et où.

Dimanche sur votre pelouse fétiche de Jean Dauger.

Ça serait super d’aller le voir.

Comment avez-vous décidé de venir à l’Aviron Bayonnais ?

J’ai joué pendant 10 ans au rugby en tant que professionnel en Afrique du sud. Je voulais avoir d’autres expériences et connaître d’autres pays, rencontrer des cultures différentes. Bayonne était une super-opportunité pour venir en France et connaître les gens d’ici et leur style de vie.

Vous n’avez pas été épargné par les blessures notamment la saison dernière, qu’en est-il aujourd’hui?

Pendant la pré-saison du Super 14 l’an dernier, j’ai eu un gros problème aux cervicales. Cela m’a éloigné des terrains pendant neuf mois, et je n’ai pas pu jouer la compétition avec les Stormers. J’ai même cru au début que je ne pourrais plus jamais jouer au rugby. Mais après l’opération, j’ai bien récupéré et j’ai pu reprendre le chemin du terrain en Currie Cup pour cinq rencontres. Ensuite j’ai eu cette proposition par Nick Mallett pour venir à Bayonne et je devais prendre une décision. Aujourd’hui je n’ai plus aucun problème avec mes cervicales, j’ai joué de nombreux matchs et ce n’est plus qu’un mauvais souvenir.

Que pensez-vous de votre incroyable début de saison avec l’Aviron Bayonnais ?

C’est super depuis mon arrivée à l’Aviron. D’ailleurs tous les matins quand je me réveille, j’ai toujours du mal à y croire (rire). Je pense que le rugby français me réussit car j’aime le combat et l’agressivité. J’aime le jeu d’avant et en France il y a beaucoup d’actions de lutte devant, ce que j’adore. En plus avec ma grande taille, l’alignement de l’Aviron est devenu plus efficace. L’équipe a plus de ballons et subit moins la pression.

Vous aviez déjà la réputation d’un joueur dur et agressif en Afrique du Sud ?

Oui j’aime me battre, m’accrocher, ne rien lâcher et ici les gens aiment ceux qui se battent alors c’est bien pour moi.

Pourquoi autant de joueurs d’Afrique du Sud viennent jouer dans des clubs français ?

Ils viennent et continueront de venir car financièrement l’euro est beaucoup plus fort que le rand (monnaie sud-africaine) et ils gagnent plus en France. Alors quand ils ne sont pas sélectionnés avec l’équipe nationale, ils préfèrent venir ici pour jouer.

Vous avez enchaîné les bons matchs avec Bayonne au point d’être élu meilleur joueur du mois de novembre du Top 14, par le journal l’Equipe, ça vous fait plaisir ?

C’est incroyable ça aussi. C’est un grand honneur. Déjà quand on m’a dit que j’étais nominé, c’était super, et en plus on me donne le trophée. Moi je veux juste jouer pour le club pour gagner et rester en Top 14. Si je joue bien, les récompenses personnelles ne sont qu’un bonus. Tout ce que je fais c’est pour l’équipe, et si le club va bien je vais bien. De toutes les façons sans mes partenaires, je ne suis rien. C’est quand même un grand honneur pour moi.

Quand allez-vous recevoir le trophée de l’Equipe ?

Normalement je vais recevoir le trophée ce samedi lors de la rencontre contre le Stade Français.

Pensez-vous à la sélection d’Afrique du Sud après vos très bons débuts en Top 14 ?

Oh non, non, non... Vous savez en Afrique du Sud les entraîneurs sont plutôt à la recherche de joueurs très physiques, notamment en seconde ligne ils veulent des joueurs de poids. Moi je suis trop léger pour penser jouer avec les Springboks. En plus actuellement ils ont vraiment deux bons et costauds secondes lignes.

Bernard Laporte regrettait pourtant que vous ne soyez pas Français après vous avoir vu jouer...

C’est vraiment gentil de dire ça, mais je pense que la France a de très bons jeunes qui arrivent notamment en deuxième ligne avec Jacquet de Clermont-Ferrand. C’est un honneur tous ces compliments, mais pour moi tout ce qui importe c’est l’Aviron Bayonnais. Si Bayonne va à la Coupe du Monde j’irai à la Coupe du monde (rire).

Que pensez-vous des jeunes joueurs de l’Aviron ?

Ils sont incroyables et c’est une des raisons pour laquelle j’ai signé pour deux saisons supplémentaires avec le club. Je crois que le club peut compter sur de très bons jeunes comme Aretz Iguinitz, Arnaud Heguy (deux joueurs auxquels l’Aviron a proposé une prolongation de contrat cette semaine). Je suis vraiment sûr que l’on peut construire une très solide équipe avec et autour d’eux.

Vous avez signé pour deux ans, avez-vous eu des contacts d’autres clubs auparavant ?

Oui j’ai eu quelques contacts avec des clubs du Top 14, mais je trouve déjà assez dur de venir dans un nouveau pays, un nouveau club, pour ne pas changer tous les ans. Je suis vraiment content à Bayonne alors je reste à Bayonne. Les gens sont bien avec moi, et signer pour deux ans de plus c’est super. Je veux être avec l’Aviron Bayonnais pour l’avenir, aider l’équipe et les jeunes joueurs.

Même s’il existe le risque d’une descente en Pro D2 ?

Si nous descendons, je ferai tout pour transmettre mon expérience aux jeunes joueurs en ProD2. C’est ce que j’ai connu en Afrique du Sud avec des partenaires qui m’ont aidé quand j’étais plus jeune. An niveau sportif je n’ai aucun regret. Vous savez j’ai joué pour des grandes provinces en Afrique du Sud, au plus haut niveau en Super 14, et contre les meilleurs joueurs, je suis déjà satisfait de ma carrière. Quoi qu’il arrive, je reste ici. Je n’ai aucune clause libératoire dans le cas d’une descente.

Comment abordez-vous le sprint final du championnat ?

Ça va être une fin de saison très dure. Nous avons déjà deux rencontres très importantes à venir (contre le Stade Français samedi à Bayonne et ensuite à Montpellier). Mais, tous les matchs sont importants maintenant car on n’a plus le droit d’en perdre beaucoup. Nous allons les prendre les uns après les autres, et l’on verra ou ça nous mène.

Selon vous, l’Aviron a-t-il une chance de battre le Stade Français Paris ?

Oui bien sûr, les gars ont envie d’en découdre, ils aiment le combat et sont prêts mentalement pour cette rencontre. Nous pouvons battre Paris et même aller nous imposer à Montpellier pour le match crucial. Nous avons une réelle chance de gagner contre Paris. Nous l’avons fait contre Clermont-Ferrand et nous n’étions pas très loin contre Biarritz. Face aux Parisiens, il faut avoir le ballon, le garder et être présent physiquement dans l’affrontement. Si vous leur laissez le ballon, le danger peut venir de n’importe où. Ils vont très vite et je pense que ce sera un match avec beaucoup de vitesse. En touche, ce sera aussi très dur. Ils ont un très bon alignement avec Mike Jammes et David Auradou. D’ici là nous allons visionner leurs rencontres précédentes, et analyser leurs tactiques en touche pour tenter de les contrer samedi.

Pensez-vous que votre dernière performance à Perpignan va vous aider pour la suite ?

C’est bon pour le moral. Contre Perpignan notre retour en fin de match a été incroyable (l’Aviron était revenu en fin de match de 36-10 à 36-30 en 8 minutes). Ce sera une référence pour garder en tête que nous sommes capables de revenir dans toutes les situations. Je dois féliciter notre capitaine Richard Dourthe qui a été formidable dans cette rencontre.

C’est ce genre de performance qui rend Richard Dourthe indispensable à l’Aviron ?

Oui. Je n’ai jamais eu d’expérience comme celle-là avec un autre capitaine. Il nous a permis de croire en nous pour ramener un point. Richard Dourthe est un grand capitaine, il crie beaucoup après ses partenaires, mais c’est pour les pousser à faire toujours mieux. Je ne comprends pas bien le français, mais lui, je le comprends sur le terrain, je sais ce qu’il veut dire tellement il est passionné et veut gagner. C’est un atout pour le club, c’est important d’avoir un joueur comme ça dans son équipe.

Vous êtes vous aussi devenu un leader dans l’équipe ?

Non pas vraiment, j’essaye juste d’organiser les touches et d’être exemplaire sur le terrain, surtout dans le combat. Si ça peut entraîner certains joueurs tant mieux. Mais je suis un peu "fou" aussi car je prends des cartons jaunes et ce n’est pas vraiment un exemple, ça met l’équipe en difficulté.

Existe-t-il une différence de jeu entre l’Afrique du Sud et la France ?

Je pense que le rugby en Top 14 est un peu plus lent qu’en Afrique du Sud spécialement en comparaison avec le Super 14. Le rugby français est un peu plus orienté vers l’avant, avec notamment une grande importance de la mêlée. En Afrique du Sud et Super 14, la mêlée est un simple point de départ. En France c’est une grosse compétition, très importante, qu’il faut gagner. Le jeu au pied est aussi beaucoup moins utilisé dans l’Hémisphère sud.

Est-ce que des choses vous manquent à Bayonne ?

J’ai laissé en Afrique du Sud mes amis et ma famille, ce qui est sans doute la chose la plus difficile. Mais j’apprécie vraiment cette nouvelle expérience avec le style de vie ici, le rugby, c’est une super-expérience pour moi. En plus j’adore jouer au golf et j’habite au golf de Bassussary...

Personne n’est venu vous voir depuis votre arrivé à Bayonne?

Non, mais j’ai ma mère qui habite Londres, c’est juste à deux heures d’avion d’ici. Je peux aller la voir facilement. Ce point a aussi été important dans ma décision de venir ici en Europe pour jouer. C’est important quand vous ne connaissez personne au départ. Quand j’étais en Afrique du Sud je ne la voyais qu’une fois par an, maintenant c’est une fois par mois.

Que pensez-vous du public bayonnais ?

La première fois que j’ai joué j’ai été très surpris, voir toutes ces personnes autour du terrain pour voir le match contre Clermont-Ferrand. Le public de Bayonne est énorme. Ça a été fou et une très bonne surprise ; tant de gens qui suivent pour un "si petit club". Contre Biarritz c’était aussi incroyable car même si on a bien joué, on avait quand même perdu. Et voir tous ces gens nous faire la fête malgré la défaite, c’était fabuleux. Cet enthousiasme populaire, c’est une grosse motivation pour moi, j’ai envie de bien jouer pour eux, gagner des matchs pour eux et rester en top 14 pour eux.

Connaissiez-vous le Pays Basque avant de venir ici ?

Je n’étais jamais venu en France. Je ne connaissais que la Tour Eiffel avant d’arriver dans ce formidable coin du monde, le Pays Basque. Ça ressemble un peu à l’Afrique du sud sauf qu’il fait plus froid ici.

Un mot pour les supporters de l’Aviron ?

Je souhaite qu’on se maintienne en Top 14. Pour les rassurer, je pense aussi qu’actuellement Bayonne va dans la bonne direction. Il y a de très bons joueurs ici. En plus, avec l’arrivée de l’entraîneur Jeff Beltran les trois-quarts ont retrouvé la confiance pour courir et jouer avec le ballon. Petit à petit ça se voit sur le terrain, comme face à Perpignan ou nous sommes revenus après avoir joué et encore joué jusqu’à arriver derrière l’en-but. Notre jeu d’ensemble s’améliore aussi. On l’a vu contre Biarritz et toujours contre Perpignan, malgré les défaites. Les supporters de Perpignan nous ont quand même fait une standing ovation à la fin du match. Que les fans bayonnais continuent de nous supporter comme ils le font, et on restera ensemble en Top 14. Nous avons besoin d’eux dès samedi contre Paris.

Un mot en basque ?

Arretz essaye de me parler en basque, mais je ne comprends déjà pas grand-chose en français alors en basque !! Je n’ai pas le temps de prendre des cours de basque, je suis déjà très occupé à essayer d’apprendre le français, mais peut-être qu’un jour pourquoi pas...

Robin Linde recevra son trophée de meilleur joueur du mois de novembre décerné par le journal l’Equipe, Canal +, et le syndicat des joueurs Provales, samedi à l’occasion du match contre le Stade Français. Il a devancé nettement avec 41% des voix, les Parisiens Mathieu Blin, qui recueille 33% des suffrages et Pierre Rabadan qui ferme la marche avec 26% des voix. Aviron Bayonnais/Stade Français Paris sera retransmis sur Canal + sport samedi à 20h. Robin Linde est aussi classé deuxième du Top 14 à son poste derrière Jacquet de Clermont selon L'Hebdo Rugby du Journal L'Equipe. Il est à nouveau cité dans le classement des meilleures notes sur 10. Avec un 6,33 il est 3e meilleur joueur du championnat derrière Lièvremont d'Agen et Pagès d'Albi.


 
Print
 
...More news
Pays Basque
Segi s’élève contre la politique du logement pénalisant les jeunes
Pays Basque
B. Aguerre devant la grille de Lur Berri
Pays Basque
Zapatero laisse une porte ouverte au dialogue
Culture
2007, l’odyssée de l’espèce aux Chimères
Sports
Robin dans le peloton de tête de tous les classements
Sports
Rattraper le faux pas de Toulouse
Sujet à la une
Une ligne électrique met sous haute tension les élus souletins
  © 2006 Baigura | Contact | About us | Advertise