Arrivés dans la même voiture, le conseiller général Barthélémy Aguerre et le président de Lur Berri Sauveur Urrutiaguer n’ont pu franchir le portail du siège de Lur Berri hier après-midi à Aicirits. Un peu plus d’une centaine de manifestants avaient répondu à l’appel de Leia pour empêcher la tenue d’une réunion entre les agriculteurs de la FDSEA et le représentant du Conseil général sur le projet de route Pampelune-Salies-de-Béarn."Les promoteurs du projet ont fixé eux-mêmes le calendrier pour la dite concertation. Celle-ci s’est achevée le 29 décembre. D’ailleurs, selon des déclarations de Barthélémy Aguerre d’août dernier, nous sommes dans une phase de négociation, il est donc clair que cette réunion n’est pas faite pour informer mais il s’agit pour le Conseil général de faire la promotion de son couloir à camions", a déclaré Daniel Olçomendy, président de Leia.
L’association a qualifié de "provocation" et de "mépris" la tenue de cette réunion cinq jours après que 5000 manifestants ont crié leur refus du projet.
Peu avant 14h00, MM.Aguerre et Urrutiaguer ont donc dû faire face à un barrage de manifestants à leur arrivée par l’entrée arrière de Lur Berri. Si B. Aguerre n’a pas souhaité descendre de la voiture, le président de la coopérative est venu dire aux opposants qu’il n’appréciait pas ce blocage.
"Cette réunion a pour but d’informer les agriculteurs sur le projet et de recueillir leurs doléances. Je voulais une réunion sereine, je prends acte du fait que vous l’empêchez. Je crains que vous ne vouliez pas laisser les gens entendre la vérité", leur a déclaré Sauveur Urrutiaguer.
Leia a interpellé celui qui est aussi vice-président de la FDSEA Pays Basque sur les raisons du refus du syndicat agricole d’appeler à la manifestation de St-Palais alors qu’il était de la mobilisation de St-Jean-Pied-de-Port quelques années plus tôt.
"Nous avons dit que chaque agriculteur pouvait y aller en son âme et conscience", a-t-il rappelé. En effet, même si la fédération avait indiqué qu’elle n’appellerait pas à la mobilisation, des agriculteurs de la FDSEA étaient dans les rangs du cortège samedi ainsi que dans la caravane de tracteurs organisée par ELB. D’ailleurs Leia a déclaré avoir été mise au courant de la réunion d’hier par des agriculteurs de la FDSEA "qui ne voyaient pas cette initiative d’un bon ¦il".
"Acte de dictature"
Sauveur Urrutiaguer a également été pris à partie suite aux déclarations de son collègue Jean-Michel Anxolabehere, président de la FDSEA Pays Basque, quelques minutes plus tôt sur les ondes d’Irulegiko Irratia. L’éleveur de Baigorri avait estimé que l’appel de Leia à manifester devant la réunion de ce jour s’apparentait à un acte de "dictature". Il avait aussi fait mention de "manipulation"."Quand j’étais président de la FDSEA Pays Basque, le syndicat s’était positionné contre la 2x2 voies et pour l’aménagement de l’existant avec contournement des bourgs. Les responsables actuels rendront leur position prochainement", a avancé Sauveur Urrutiaguer.
Après avoir rebroussé chemin, la voiture des deux hommes s’est présentée devant l’entrée principale de Lur Berri, où d’autres manifestants faisaient encore le siège. Finalement, le président de Lur Berri a déposé plus loin le conseiller général et a pénétré dans les locaux du groupe après avoir assuré que Barthélémy Aguerre n’y viendrait pas.
A l’intérieur, la vingtaine d’agriculteurs qui attendaient le dénouement de l’affaire étaient assez irrités. "Nous, nous sommes tous concernés, ce qui n’est pas le cas de ceux qui sont dehors", a lancé l’un d’entre eux, une fois SauveurUrrutiaguer arrivé. Tous estimaient ne pas avoir d’information sur le projet et souhaitaient donc que le conseiller général s’exprime. Après de longues minutes de réflexion, les agriculteurs ont quitté Aicirits pour finalement se retrouver à Guinarthe, rejoints par Barthélémy Aguerre.
"Aguerre ne présentera plus son projet en Basse-Navarre. Aujourd’hui, il a été obligé de s’échapper là où la population n’est pas mobilisée", a déclaré Leia qui compte désormais empêcher les réunions "où les promoteurs sont prêts à dire n’importe quoi pour amadouer leurs interlocuteurs".