Aujourd’hui, 2 janvier 2007 vous êtes 161 Prisonniers Politiques Basques dans les prisons de l’Etat français, sans compter les sept kide prêtés par la France à l’Etat espagnol au titre de l’extradition temporaire. Vous n’avez strictement rien à faire dans les prisons françaises, pas plus qu’à l’époque les camarades résistants sous l’occupation allemande et le Régime de Vichy jugés en toute légalité eux aussi par les Tribunaux français. Votre place n’est pas là. Elle est "à la maison" auprès des vôtres pour participer comme chaque citoyen basque, sans plus de droits mais avec les mêmes droits à la recherche d’une solution politique au conflit basque. Ceux qui ne comprennent pas cela sont des irresponsables et/ou les pires des réactionnaires qu’ils s’étiquettent de droite comme de gauche.
Depuis neuf mois, la lutte armée s’est arrêtée à la suite d’une décision unilatérale (tout le monde le reconnaît) de l’Organisation ETA. Depuis neuf mois la répression des deux états espagnol et français se poursuit sans répit.Le Pouvoir judiciaire français reprend plus que jamais à son compte la théorie simpliste espagnoliste qui veut que tous ceux qui ne sont pas contre ETA sont ses complices et à ce titre appartiennent à ETA.
En dehors de quelques paroles sans suite, le Gouvernement espagnol ne fait pas un seul pas en avant, cherchant le moindre prétexte à son inaction: kaleborroka par-ci, vol d’armes par là. Qui pourrait croire un seul instant à une réelle volonté politique de voir résoudre le conflit dans ces conditions.
Le gouvernement espagnol sait parfaitement que le conflit ne se résoudrait pas même si ETA rendait les armes. ETA n’est pas à l’origine du conflit, elle en est la conséquence. Le gouvernement espagnol le sait parfaitement. Alors à quoi joue-t-il ? Est-il assez stupide pour continuer à faire le jeu d’un PP plus fascisant que jamais ?
Ce qui s’est passé la semaine dernière est un avertissement pour le gouvernement espagnol mais pas seulement. C’est un avertissement pour nous tous. Pour le gouvernement français, planqué au fond de ses tranchées et qui réprime et condamne alors qu’il n’est atteint en aucune façon, par simple "solidarité" en quelque sorte. Mais aussi pour nous ici, pour ceux qui n’avons pas su ou pas pu tirer parti de cette situationunique créée par la cessation de la lutte armée pour relayer cette forme de lutte par une mobilisation populaire en faveur du droit à l’autodétermination du Peuple Basque et la reconnaissance de la territorialité.
C’est une leçon sévère, mais pour ce qui nous concerne ici, une leçon justifiée. À nous d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Mais aujourd’hui plus que jamais il y a un mot qui s’impose : confiance !
C’est cette confiance absolue en ceux qui luttent, en vous tous et toutes, qui nous guide et qui nous donne courage. La résistance du Peuple Basque est non seulement exemplaire mais elle est indestructible, car elle est la volonté de votre peuple.
Vous pouvez être fiers de vous, vous pouvez être fiers de vos familles et de votre Peuple.
Vive le Peuple Basque et la Liberté
Indépendance et Socialisme
Askatasuna eta maitasuna