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Le JPB > Sujet à la une 2007-01-03
Laurence Pékar quitte la direction de Biarritz Culture
·Départ "à l’amiable" pour la directrice de l’association qui ne sera pas remplacée en raison d’une baisse des subventions

Une fois n’est pas coutume, le capitaine quitte parfois le navire en premier. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un naufrage, et au contraire, les dirigeants de Biarritz Culture prédisent encore de beaux jours à l’association paramunicipale.Mais si Laurence Pékar quitte son poste de directrice de Biarritz Culture "à l’amiable", en revanche "elle ne sera pas remplacée" affirme, au Journal, Jakes Abeberry, président de la structure et adjoint au maire de Biarritz délégué à l’urbanisme.

Une rupture de contrat "d’un commun accord" qui tombe plutôt bien.Depuis que les Fêtes musicales de Biarritz ont été supprimées, en raison notamment de la baisse de fréquentation des concerts de musique classique, les subventions municipales qui les accompagnaient l’ont été également, soit plus de 100 000 euros. Selon Jakes Abeberry, l’association et ses six salariés va être l’objet d’une "réorganisation" même s’il n’y a "aucune urgence" puisque le programme de l’année est déjà calé.Pas d’embauche, donc, et un constat simple de Jakes Abeberry : "s’il n’y avait pas cette situation, il n’y aurait pas de réduction de personnel".Aucun nom n’est évoqué pour remplacer celle qui a dirigé l’association culturelle pendant six ans et à laquelle elle a consacré douze ans de sa vie.

Décision mûrie

Mais cela tombe également bien pour Laurence Pékar qui tourne ainsi la page de sa troisième vie professionnelle.Et si pour l’heure, elle confie au Journal n’avoir "rien de prévu", elle considère aussi son départ comme une "décision qui a mûri".Pas de regrets, et "pas d’inquiétudes" pour une vie qu’elle appréhende avec gourmandise. Laurence Pékar fait une belle sortie, comme elle a appris à le faire au théâtre, en pratique amateur ou professionnelle.Jakes Abeberry y va de ses "regrets" en évoquant une directrice qui "savait mener sa barque", une "capitaine de navire" à laquelle on "reconnaissait des qualités"."Pour les fêtes musicales, dit le président de Biarritz Culture, elle n’est pas responsable de la désaffection du public".Le constat est général.Les concerts de musique classique ne remplissent plus les salles et le festival de Biarritz avait commencé à être concerné par ce phénomène depuis quatre ans environ.On se souvient qu’en avril, lors de la dernière édition des fêtes musicales, le concert magistral de l’orchestre de Vilnius, en première mondiale, avait rassemblé moins de 150 spectateurs. A l’exception notable du Pays Basque sud, et du succès de la Quincena musical, et de certains pays d’Asie qui connaissent un engouement pour la grande musique, les programmateurs ne font plus recette.Biarritz n’a pas échappé à ce contexte.

Pour Laurence Pékar, le constat n’est pas amer et le bateau Biarritz Culture peut encore gonfler ses voiles vers de nouveaux horizons.Le travail d’équipe continue à assurer une jolie brise.Et puis, dit-elle, "le changement régénère aussi.Ce peut être une nouvelle respiration pour la culture"."Dans ce type d’activité, ces métiers riches, l’imagination a toujours sa place, explique Laurence Pékar, et il y a toujours des choses à développer".Jakes Abeberry ne dit pas autre chose en prédisant qu’"on peut trouver une autre formule"."Rien n’interdit d’autres types d’actions" dit-il en évoquant "une structure vivante" qui peut faire naître de nouveaux projets.

Développement

C’est un peu ce qui a conduit Laurence Pékar à quitter la direction de Biarritz Culture. "Ce que j’avais à proposer, je l’ai proposé.Je ne vois pas comment je peux le développer davantage" dit elle."Peut-être que j’ai atteint le point où cela devait aller". Le bilan est éloquent et reste "positif" pour Laurence Pékar qui évoque une association qui "a contribué à développer la culture à Biarritz et permis à d’autres cultures de se développer ailleurs". Il y a bien sûr le festival Le Temps d’Aimer la danse, et les spectacles jeune public qui ont débuté juste après son arrivée dans l’association, un jour de 1994, un peu par hasard.

Une rencontre avec Filgi Claverie, alors directeur de Biarritz Culture, dans la rue, a suffi à la convaincre de se lancer dans cette nouvelle aventure.Auparavant, Laurence Pékar était comédienne, et aussi psychologue.

Théâtre en parallèle

Déjà étudiante en psychologie à Toulouse, elle prenait des cours de théâtre en parallèle.Une passion qui ne l’a pas lâchée lorsqu’elle a commencé à exercer dans les hôpitaux et cliniques de la Côte basque.Alors, quand Jean-Marie Broucaret lui a proposé de franchir le pas de la professionnalisation avec la troupe des Chimères pour jouer La maison de Bernarda Alba de Lorca, elle a saisi l’occasion.Début d’une seconde vie, d’intermittente du spectacle cette fois, où en contrepartie, elle s’occupe des handicapés, notamment dans le festival de théâtre de Bayonne qui ne s’appelait pas encore Translatines.Un travail à temps plein dans la culture, qui l’a conduite jusqu’à Avignon, dans le festival off et le festival in. Une pratique "riche d’expérience" qui l’a menée jusqu’à sa troisième vie.

Aujourd’hui, Laurence Pékar entend s’occuper d’elle, et de son fils de 13 ans."C’est comme la pâte à pain, s’amuse-t-elle, il faut laisser reposer un peu." Surtout lorsqu’on a été "hyperactif" consent-elle.Elle se laisse "un peu le temps" et n’est pas inquiète pour sa vie ni pour l’équipe qu’elle laisse à Biarritz Culture, dont elle souligne l’ambiance et le travail d’équipe."Tout cela ne peut être que positif" dit-elle.


 
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