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Le JPB > Culture 2007-01-03
L'industrie roumaine du cinéma est devenue européenne, voire mondiale
·Nouvelle adhérente à l’Union Européenne, la Roumanie considère son industrie cinématographique comme un sérieux atout

L’industrie cinématographique en Roumanie est un conte de fée comme on les aime à Hollywood, avec des vedettes galvanisées à la fois par la lutte nationale contre le communisme, tombé fin 1989, et sa suite démocratique dans l’UE. Francis Ford Coppola est venu ici pour filmer son premier film depuis 10 ans, et des scènes du Borat, un "documentaire" censé se passer au Kazakhstan, ont été filmées ici, donnant lieu ultérieurement à un procès de 30 millions de dollars (23 millions d’euros) intenté par des villageois de condition modeste utilisés pour le tournage. Ils avaient accepté de figurer dans le film, ont-ils affirmé à la télévision roumaine, après qu’on leur eut dit qu’il s’agissait d’un documentaire sur la pauvreté en Roumanie.

Cet incident est toutefois exceptionnel et lors de l’adhésion de la Roumanie le premier janvier à l’Union Européenne, des acteurs, réalisateurs et écrivains roumains comptaient déjà à leur actif des prix décernés de Cannes à Copenhague en passant par la Thaïlande, la Turquie et les Etats-Unis.

Parmi ceux primés à Cannes figure Dorothea Petre, meilleure actrice en 2006 dans la catégorie Un Certain Regard pour le film Comment j’ai fêté la Fin du Monde, et le réalisateur Cristi Puiu, lauréat dans la même catégorie en 2005 pour La Mort de M. Lazarescu.

"L’industrie roumaine du cinéma est un des meilleurs ambassadeurs de la Roumanie", assure une représentante du Centre National de la Cinématographie (CNC). De son côté, le critique du New York Times, Stephen Holden, avait désigné La Mort de Monsieur Lazarescu parmi les 10 meilleurs films de l’année.

Coppola a tourné en Roumanie, un film personnel et à budget modeste, non encore sorti en salle, Youth without Youth (Jeunesse sans Jeunesse), basé sur un essai du philosophe roumain Mircea Eliade, s’appuyant sur une équipe technique presque exclusivement locale.

L’Américain Coppola a choisi à Bucarest des techniciens locaux et le réalisateur roumain, Puiu, a déclaré : "Cela veut dire beaucoup, cela veut dire plus que tous les examens d’école."

Media Pro et Castel Film Studios sont les deux grands groupes roumains de production, avec des films comme Amen de Costa-Gavras et Cold Mountain avec Nicole Kidman ou Joyeux Noël de Christian Carion.

Castel revendique le studio le plus grand de l’Europe continentale avec ses 3274 mètres carrés, loué 10000 euros la semaine. Les prix de production sont environ moitié moins élevés qu’en Grande-Bretagne ou 30% moins chers qu’en République tchèque, et un laboratoire Kodak dernier cri s’occupe du développement.

Chez Castel Films, Bogdan Moncea soutient que la Roumanie, pour les producteurs étrangers, propose des paysages de campagnes vierges, des ruines industrielles effrayantes et des styles architecturaux allant du gothique allemand en Transylvanie au XXIe siècle en passant par l’Art Nouveau Français.

Le gigantesque "Palais du Peuple", construit par l’ancien dictateur Nicolae Ceausescu, a également servi à des tournages.

Mais si la Roumanie est vraiment "sur la vague", estime la représentante du CNC, c’est parce que ses techniciens, acteurs et directeurs sont bien d’une qualité internationale, les bas salaires et la qualité du travail des Roumains attirant les producteurs étrangers.


 
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