Avec le retour du froid, les pensées vont bien souvent d’emblée à ceux qui n’ont pas de quoi s’en prémunir. L’isolé, dans l’image d’Epinal, est souvent celui qui, barbe mal rasée et habits défraîchis, dort sous un carton au coin de la rue. Pourtant ce terme recouvre une réalité bien plus large.Le Secours Catholique a publié il y a peu ses "traditionnelles" statistiques sur le sujet. L’occasion d’observer qu’au Pays Basque plus particulièrement, le phénomène loin d’être en recul, tend à stagner.
Pour l’année 2005, ce sont ainsi près de 15000 personnes qui sont rentrées en contact au moins une fois avec l’antenne Bayonne-Pays Basque. Ce chiffre était sensiblement le même l’année précédente. " On voit de plus en plus de familles monoparentales venir taper à notre porte, explique Jacques Grégoire, président de la structure d’accueil. Même si le premier pas n’est pas toujours facile à faire."
En effet, rentrer dans l’isolement est aussi simple qu’en sortir est délicat. De nombreux facteurs peuvent y concourir : pauvreté, maladie, handicap, perte d’un conjoint. "L’isolement n’est pas toujours quelque chose de visible. Nos bénévoles doivent aussi aller vers ces gens pour rompre avec leur solitude", détaille Jacques Grégoire. Dans cette idée, l’association organise ateliers, repas conviviaux (les Tables ouvertes) ou encore voyages, comme l’année dernière au Portugal.
Le cas des SDF, en ce moment médiatisés par l’action des Enfants de Don Quichotte à Paris, relève d’une problématique bien plus grande en cette saison. Actuellement le Secours Catholique Bayonne-Pays Basque reçoit jusqu’à 40 sans-abri par jour, et constate un rajeunissement constant de cette population.
Son président rappelle enfin que la population carcérale souffre bien évidemment de l’isolement social. Un manque plus difficile à combler celui-là en raison du régime de détention.