Libération
Pas d’héritier pour la chiraquie
Cette bataille politique est définitivement perdue: en mai 2007, Jacques Chirac n’aura pas de successeur se réclamant de sa filiation. Les chiraquiens ont échoué à générer un candidat crédible capable de porter leurs couleurs. Et même si Michèle Alliot-Marie décidait de se lancer hors de l’UMP, ce serait pour un rôle de figurante. Pour le chef de l’Etat, qui a toujours affirmé porter un message singulier et universel au plan international, tout en se posant à Paris en modernisateur du modèle social français, l’échec est patent. (...)Pour laisser quelques traces, le chef de l’Etat va donc jouer serré. La première étape aura lieu dans deux semaines au congrès de l’UMP destiné à introniser Nicolas Sarkozy. (...) Apportera-t-il son soutien à Nicolas Sarkozy ? "Nous y travaillons mais l’affaire est délicate", assure un sarkozyste du premier cercle. (...) "Ce n’est pas dans nos préoccupations du moment", renchérit un conseiller à l'Elysée. Destinée à garder de l'espace et à maintenir la pression sur le patron de l’UMP, sa décision de retarder (jusqu’à début mars, selon Sarkozy) l’annonce sur ses intentions présidentielles a été payante. Persuadé que Sarkozy ne peut prendre le risque d'une bataille avec lui, Chirac entend monnayer jusqu’au bout son soutien, au prorata du respect manifesté à son héritage.
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