Super Prestige. Le tournoi garaztar porte bien son nom. Et pour cause, coiffer la xapela de la compétition-phare du trinquet Garat est devenu aujourd’hui une distinction majestueuse. Dans le circuit EPB certes, mais au-delà aussi, depuis que les organisateurs se sont aventurés à franchir les frontières du Pays Basque. Ambiance, affluence, récompense... la compétition individuelle de la capitale bas-navarraise réunit aujourd’hui tous les ingrédients d’un rendez-vous incontournable. Pourtant, c’est bel et bien la qualité de ses affiches qui fait tout le charme du Garat en cette fin d’année. À quelques exceptions près, le Super Prestige attire les meilleurs spécialistes au monde. Les Basques... et les autres. En l’occurrence le Mexicain Loquillo, champion du monde amateur, et le phénomène cubain Waltary Agusti Alonso cette année.
Toutefois, ce sont à nouveau les pilotari du cru qui ont brillé lors de l’édition 2006. Demain après-midi à partir de 17 heures (16 heures, 3e et 4e places) tous les regards seront effectivement tournés vers Ezcurra II et Oçafrain, les grands protagonistes de la journée. Les pilotari qui tenteront d’ajouter un nouveau titre à leur palmarès, déjà bien garni. Le Bankar, présent dans 4 des six dernières finales, tâchera de réaliser la passe de trois. Après 2001 puis 2004, Oçafrain est aux portes de signer un triplé digne d’un grand spécialiste du tête-à-tête. Ezcurra II, lui, s’apprête à conclure sa meilleure année sportive. Champion tête-à-tête et par équipes, l’Urruñar est en passe de rafler la mise de 2006. Rien que cela.
Une chose est sûre, les secrets n’existent plus entre ces deux pilotari. Ils se côtoient tout au long de l’année, mais, au cas ça ne serait pas suffisant, ils se sont déjà affrontés en partie de poule avec une victoire étriquée pour le Labourdin (40-39). Un écart serré qui pourrait augurer une finale indécise, mais, on le sait, les épilogues ne sont jamais des parties comme les autres. Encore moins en individuel où le côté psychologique et physique de la chose redouble d’importance.
Ezcurra II légèrement favori
Toujours invaincu dans cette compétition, le cadet des Ezcurra sera certainement le favori des parieurs, ne serait-ce que légèrement. Et c’est vrai que l’Urruñar a fait preuve de sérénité depuis la première partie. Il a su prendre les rencontres les unes après les autres, s’adapter aux caractéristiques des adversaires, et accommoder son jeu en fonction. Même face à Waltary, qui semblait pourtant ressuscité après la démonstration de force contre Sorhuet, Ezcurra II a su trouver la faille.Le parcours de Patrick Oçafrain est autre. Le Bas-navarrais a progressé au fil des rencontres. Après des débuts timides face à Muscarditz, il s’est révélé au sommet de son art en demi-finale pour barrer la route au champion en titre Etcheto. Une prestation physiquement un peu courte, mais ô combien juste sur le plan stratégique.
C’est d’ailleurs de cela qu’il s’agira demain après-midi à Garazi. Comment rentabiliser au maximum ses armes. Ezcurra II voudra faire parler sa puissance, asphyxier son adversaire par des frappes sèches, en force, avoir l’initiative du point. Oçafrain en grand stratège saura attendre son heure, laisser passer l’orage, histoire d’attirer sa proie vers son terrain de prédilection. Il essayera de marquer un rythme plutôt lent qui lui laisse le temps d’ajuster ses coups, de réfléchir, et d’agir. À ce jeu, le Bankar est imprenable. Bref, chacun s’efforcera de tirer parti de ses qualités.
2001 Oçafrain Muscarditz 40-27
2002 Muscarditz Oçafrain 40-20
2003 Ezcurra II Muscarditz 40-29
2004 Oçafrain Etcheto 40-26
2005 Etcheto Muscarditz 40-35
2006 Ezcurra II Oçafrain ? - ?