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Le JPB > Pays Basque 2006-12-30
Le retour au pessimisme de la société basque
·Un sondage montre que l’optimisme présent au sein de la population suite au cessez-le-feu de l’ETA s’use aujourd’hui

Un sondage n’était pas nécessaire pour savoir que la société basque est moins optimiste qu’il y a neuf mois, lorsque l’organisation armée ETA avait déclaré un cessez-le-feu permanent. Mais, dans le cas où quelqu’un le mettrait en doute, l’enquête réalisée par l’université publique basque UPV/EHU vient constater le fait. Selon l’Euskobarometro de décembre, rendu public hier, 64 % des personnes interrogées estiment "parfaitement possible" que l’ETA reprenne les armes.

L’enquête semestrielle réalisée exclusivement sur les trois provinces de la Communauté Autonome Basque précise par ailleurs que 38 % des Basques ont de "grands désirs" d’indépendance, alors que 52 % d’entre eux y seraient opposés. Ces données contrastent avec l’enquête réalisée en automne par l’institut Gizaker pour la radio publique basque Radio Euskadi. En effet, cette étude montrait que dans l’hypothèse d’un éventuel référendum sur l’indépendance, 44,9% des Basques voteraient pour (dont 29,5% en Pays Basque nord). À noter par ailleurs que l’avis des Basques était assez majoritaire concernant le droit à l’autodétermination: 88,6% des enquêtés contre 5,5% ont affirmé que les Basques ont le droit de décider de leur propre avenir. Le sondage montrait aussi que pour 66,6% des enquêtés, cet avenir ne doit être défini que par les Basques, sans l’ingérence de la France ou de l’Espagne.

Alors que les chiffres de l’enquête menée par l’université étaient rendus publics, le chef de l’exécutif espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a estimé que "la situation sera meilleure dans un an". "C’est mieux quand il y a un cessez-le-feu permanent que quand il y a des bombes comme il y a un an. C’est mieux qu’il y a quatre ou cinq ans quand nous avions de tragiques attentats mortels", a-t-il ajouté alors que le processus de paix est dans l’impasse depuis des mois.

Le processus impossible

Le leader socialiste espagnol a par ailleurs suggéré que le parti Batasuna, interdit en Espagne, pourrait éventuellement participer aux prochaines élections "s’il respecte la légalité démocratique" dans un contexte "d’éloignement de la violence".

Batasuna a insisté hier sur l’impossibilité de faire avancer le processus de résolution du conflit basque dans les conditions actuelles. Le dirigeant navarrais Pernando Barrena a rappelé que la gauche abertzale est "très préoccupée" par la situation, notamment par "l’attitude" du gouvernement espagnol. "On peut difficilement parler de processus. Le plus correct serait de parler d’imposition" a-t-il déclaré. "Dans ce pays les manifestations sont toujours interdites, des manifestants sont toujours matraqués et interpellés sur la voie publique, des sièges politiques sont inaccessibles". Il est évident, pourBatasuna, que dans ces circonstances le processus ne peut pas avancer. Cela dit, "la volonté de la gauche abertzale est sans équivoque: mener le processus jusqu’au bout". "Toutes les parties devront assumer les risques", a-t-il terminé.


 
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