Le projet de transnavarraise "tel qu’il est présenté actuellement n’a pas lieu d’être", a affirmé Alfontxo Idiart, président de la Communauté des communes de Garazi-Baigorri à Jean-Jacques Lasserre jeudi soir. Suite à la demande de l’intercommunalité, le président du Conseil général a reçu 22 maires des deux cantons qui lui ont répété leur souhait d’une amélioration de la route actuelle et pas plus. "Sur les plans actuels, nous ne retrouvons pas ce que nous voulons. Ce sont des choses qui vont assez loin, or nous voulons revenir à quelque chose de plus simple", a commenté Alfontxo Idiart en rappelant que la communauté des communes a adopté dès octobre 2003 une motion demandant l’aménagement de l’existant avec une voie de dépassement si nécessaire et le contournement des bourgs qui le demandent.
Après une discussion entre les maires et le président du Conseil général, "Jean-Jacques Lasserre nous a assuré que rien ne se fera sans concertation avec les élus locaux. Il a été convenu que dorénavant les maires et les conseils municipaux seraient associés à la démarche", a rapporté le maire de St-Jean-Pied-de-Port.
Les élus ont aussi voulu avoir la certitude que le tunnel qui débouchera à Arnéguy depuis la Navarre ne comptera pas 2x2 voies. "Lasserre nous a dit que le tunnel n’aura que deux voies simples", a commenté A. Idiart.
Jean-Michel Galant, maire d’Ascarat et conseiller général de Baigorri, a également reconnu comme une avancée le fait que les promoteurs du projet associent désormais les maires à leur démarche. "Nous allons maintenant voir comment cela se traduit", a tempéré J-Michel Galant. L’élu a en effet souligné la "position très ferme" de Jean-Jacques Lasserre lors de la réunion jeudi à Bayonne. "Il a clairement averti qu’il avait fait marche arrière une fois mais que cela ne se reproduirait pas. Cela donne une idée", a déclaré le conseiller général.
Selon lui, la manifestation d’aujourd’hui à Saint-Palais "sera capitale". "Nous avons eu la preuve hier soir [jeudi, ndlr] que la réaction de la population n’a pas encore été entendue. Or si le Conseil général ne veut pas passer en force, s’il veut que ce projet soit positif, il lui faudra l’assentiment de la population. L’une des concessions peut être de ne pas dévier les bourgs qui ne le souhaitent pas ou encore de n’améliorer que les portions qui le nécessitent en abandonnant la conception d’un réaménagement sur toute la longueur", a avancé J-M. Galant.
Les élus ne sont pas les seuls à ne pas vouloir du projet en l’état. Depuis deux jours, des affichettes avec la mention "Notre établissement est solidaire de la manifestation de St-Palais, Non au couloir à camions" fleurissent sur les devantures des commerces de St-Jean-Pied-de-Port. "Sur plus de 100 commerçants interrogés, 93% ont signé une pétition disant, qu’en tant que professionnels, ils s’opposent au projet de route Pampelune-Salies", a expliqué Jean-Pierre Indaburu, agent immobilier à St-Jean-Pied-de-Port. Les signatures ont été réunies en deux jours. "Il y a des projets plus importants à concrétiser au niveau des infrastructures, comme la route Garazi-Bayonne, car nous avons plus de relations avec la côte qu’avec Pampelune", a estimé J-P. Indaburu. "Nous ne voyons que des inconvénients à ce projet qui nous promet la pollution tout l’été, la détérioration de notre cadre de vie qui est aujourd’hui notre force ou encore le risque d’être pris en sandwich entre Bayonne, Pau et Pampelune avec la crainte que notre vallée devienne la banlieue de Pampelune", a avancé de son côté Beñat Pagola, bijoutier à St-Jean.
La pétition sera jointe au cahier de concertation de la mairie st-jeannaise, une copie sera également envoyée au Conseil général.
Comme les commerçants, les agriculteurs d’ELB manifesteront aussi leur opposition aujourd’hui, en se lançant sur la D933 sur leurs tracteurs, depuis Arnéguy jusqu’à St-Palais.
Hier Segi et les Verts du Pays Basque sud se sont joints à la longue liste d’organisations appelant à la manifestation de cet après-midi, 14h30, à St-Palais.