Il y a quelques mois les députés UMP ont créé la polémique en votant une loi visant à enseigner "les bienfaits de la colonisation". A l’époque s’est ouvert un débat dans l’état français sur le passé colonial de la France. Mais l’actualité montre à ceux/celles qui en douteraient encore de la permanence du fait colonial de la part de l’état français. En effet outre que les troupes françaises sont encore largement présentes dans les "ex" colonies d’Afrique, faisant même le coup de feu pour défendre des régimes dictatoriaux mais soumis comme au Tchad et en République centrafricaine, l’état français continue de tout faire pour empêcher l’émancipation des peuples de ses colonies lointaines et notamment depuis que la droite est au gouvernement à Paris.
En Kanaky l’état français soutient le projet d’ouverture de mine Goro Nickel dans la province sud. Projet qui est combattu par les écologistes, par les institutions autochtones mais aussi par les indépendantistes car il va contre les accords passés par l’état français qui s’était engagé à un rééquilibrage économique en faveur des autres provinces (la province sud étant la plus riche et la plus anti-indépendantiste). De plus lors du vote à l’assemblée nationale sur le gel du corps électoral en Kanaky, l’UMP de Sarkozy a montré qu’elle était prête à revenir sur les engagements de l’état français vis-à-vis des Kanaks. Or si finalement le vote a été positif à l’assemblée suite aux pressions de Chirac et Villepin, rien ne dit qu’il le soit au sénat et surtout lorsque le congrès devra se réunir à Versailles et en tout cas le changement de discours des relais locaux de l’UMP et ce que laisse deviner Sarkozy de sa position sur le sujet ne présagent rien de bon pour l’avenir et le bon déroulement du référendum d’autodétermination en Kanaky (prévu entre 2014 et 2018).
En Polynésie "française" les élections de 2004 avaient permis l’élection d’une majorité constituée autour des indépendantistes du Tavini pour défaire Gaston Flosse. Celui-ci n’a eu de cesse depuis que de faire tomber le gouvernement légitime. Après une première tentative réussie un retour partiel aux urnes avait permis à la coalition UPLD, avec 6000 voix d’avance sur celle de Flosse, de retourner au pouvoir. Cependant l’UMP locale avec l’aide de l’état français s’est lancée dans une intense campagne de déstabilisation qui a abouti le 26 décembre au renversement du gouvernement Temaru. Preuve s’il en faut de l’implication de l’état français : il faut rappeler qu’il y a peu de temps des séides de M. Flosse avaient bloqué des routes pendant plus d’une semaine puis occupé l’assemblée et la présidence avant que Madame la Haut-Commissaire (la représentante de l’état français) se décide à faire évacuer les émeutiers. Peut-on imaginer dans l’hexagone et particulièrement en Ipar euskal herria ou en Corse qu’un préfet attende plus d’une semaine afin de faire débloquer un axe routier ? Peut-on imaginer à Paris des opposants occuper l’assemblée nationale et l’Elysée ?
Il faut rappeler que le nouveau président de Tahiti Nui est poursuivi par la justice ainsi que son mentor Flosse qui lui a déjà été condamné dans une des affaires dans lesquelles il est mis en cause et que plusieurs des élus qu’ils ont ralliés traînent aussi des "casseroles". Leur retour au pouvoir signifie le retour de l’affairisme et tout cela, pardonnez-moi d’insister, avec la bénédiction des plus hautes autorités de l’état français.
En janvier, nos amis du Tavini avaient effectué une visite en Euskal Herria et montré leur solidarité en venant à l’acte politique devant le BEC de Barakaldo, en août le Tavini signait la déclaration de Corti avec d’autres mouvements des nations sans états sous tutelle française (dont Batasuna et AB) aujourd’hui il nous revient d’exprimer notre solidarité au peuple Maohi et à la population de Tahiti Nui mais aussi de dénoncer, avec nos amis signataires de la déclaration de Corti, l’attitude colonialiste de l’état français et son mépris de droits universellement reconnus tels que le droit à l’autodétermination.