Gara: Latest news - Printed edition  |  Le Journal |  Documents
 
EUS | ES | FR | ENG
 » PRINTED EDITION
  - Index
  - Sujet à la une
- Basque Country
- Local
- Opinion
- Culture
- Sports
 » DOCUMENTS
 » Hemeroteka
Le JPB > Sujet à la une 2006-12-28
Kanaldude rend l´antenne après trois mois d´antenne réussis
·Dernier direct ce soir pour la télévision bas-navarraise qui achève trois mois d’antenne avec plus de certitudes face à l’avenir

Près de 190 reportages réalisés, 20 émissions en direct, 25 invités et 10 groupes de musique sur le plateau de Banamag, cinq événements sportifs retransmis, le tout avec l’aide de 200 bénévoles environ, le bilan des onze semaines de diffusion de Kanaldude version 2006 ne laisse pas indifférent. "Pour nous ce fut une expérience positive. Nous avons fait tout ce que l’on a voulu et même plus", a commenté hier Ximum Carrère, responsable d’Aldudarrak Bideo, association porteuse du projet de télé locale.

Cette réussite, tous les acteurs de la chaîne bas-navarraise en feront sans doute écho ce soir à l’occasion de la dernière émission en direct des locaux de la rue des Bergers à St-Jean-Pied-de-Port. Tous ceux qui le veulent peuvent d’ailleurs y assister. Les meilleurs moments de l’expérimentation 2006 seront également diffusés. Comme pour les autres émissions réalisées en direct, celle-ci sera aussi visible en ligne, sur le site www.kanaldude.org.

Le 12 octobre, lors du lancement de la première émission, l’une des grandes préoccupations de l’équipe d’Aldudarrak était de savoir si elle aurait les moyens humains de tenir trois mois d’antenne. "Nous avions en tête l’essai de 2002 où nous étions une équipe moins nombreuse qui avait dû beaucoup donner", explique Ximum Carrère. "Cette fois, les bénévoles étaient plus nombreux, ça a donc été plus facile même si le rythme est resté très soutenu. Nous ne pourrions pas tenir à ce niveau une année durant mais nous sommes assez proches de ce que demande un projet durable", a-t-il ajouté.

Un nombre important de bénévoles se sont en effet associés à l’expérimentation aux côtés de la dizaine d’habitués d’Aldudarrak. Jo Aintzina, l’émission sportive hebdomadaire a ainsi réuni 25 collaborateurs réguliers, dont six présentateurs, qui ont réalisé 80 reportages sur la vie sportive de Basse-Navarre. Banamag, l’autre émission en direct du jeudi soir, a été le fruit des attentions d’une trentaine de bénévoles qui ont permis que 25 invités interviennent sur le plateau, que 70 reportages soient diffusés et que dix groupes musicaux jouent en direct. Ici aussi, une trentaine de cameramen différents se sont succédé pour la bonne marche de l’émission. Enfin, chaque Elez Ele, émission itinérante qui a parcouru six territoires de Basse-Navarre, a été réalisée par une équipe de 15 bénévoles de la zone évoquée, avec des présentateurs qui opéraient souvent pour la première fois à ce poste.

"Nous voulions faire une télévision participative et ça a marché. Nous avons pu coordonner le travail des membres de l’association avec celui des bénévoles", avance Ximum Carrère. "Il faut maintenant voir comment on définit les rôles de chacun dans un projet durable", précise-t-il.

Pour l’association, le projet Kanaldude offre une place aussi bien à ceux qui veut beaucoup s’impliquer qu’à ceux qui voient leur participation de façon plus ponctuelle. Aldudarrak s’est félicitée du jeune âge des troupes qui ont pris part à l’expérience, un gage d’avenir selon elle.

Et demain?

Kanaldude n’a pas souffert d’un manque de sujets à traiter, au contraire, certains n’ont pu être évoqués par manque de temps ou de moyens. Chaque participant a aussi gagné en expérience. "En trois mois, nous avons vu une évolution de la qualité d’antenne. Avec quelques formations spéciales, on peut atteindre un bon niveau" selon le responsable d’Aldudarrak Bideo.

Kanaldude regarde maintenant vers l’avenir. Dans un premier temps, la chaîne locale attend les remarques et critiques de ses téléspectateurs. Un questionnaire est d’ailleurs diffusé pour avoir les remarques les plus précises possibles. Les porteurs du projet feront ensuite un bilan, notamment financier, avec les élus qui ont soutenu l’expérimentation 2006 via le PCD Baxe Nafarroa. "De là, nous verrons s’ils acceptent de s’engager davantage pour la création d’une télé locale permanente", a indiqué Ximum Carrère. Si les besoins financiers d’un tel projet seront au centre des débats, le problème de la diffusion sera aussi au premier plan (lire ci-contre). L’arrivée du numérique et la gestion actuelle de ce réseau ne sont en effet pas favorables à l’action des télés locales



L’obstacle de la diffusion numérique
Si Kanaldude parvient à réaliser techniquement et économiquement une programmation durable, le principal obstacle à franchir sera celui de la diffusion. La récente expérience de trois mois a été réalisée par voie hertzienne analogique. Mais la modernisation de la diffusion audiovisuelle condamne aujourd’hui l’analogique pour le remplacer par le numérique, bien meilleur en termes de qualité. Ainsi, le CSA (Conseil supérieur de l’Audiovisuel) ne délivrera plus aucune autorisation de fréquence analogique à partir de 1er avril prochain. Sauf que la TNT (Télévision numérique terrestre), ne devrait couvrir que 85% de l’hexagone. "Ici nous sommes pour l’instant dans les 15% restant. On ne sait pas quand, comment et avec quelles techniques nous parviendra le réseau numérique", explique Ximum Carrère.

Si l’analogique hertzien correspond à 1 fréquence= 1 canal, le numérique permet de réunir six canaux pour une même fréquence. "Ces regroupements se font à Paris et pour l’instant les télévisions locales n’ont pas la priorité", ajoute le responsable d’Aldudarrak Bideo. "Les relations que nous avons avec le CSA ne sont pas très bonnes. Ils ne soutiennent pas les projets comme les nôtres, trop petits à leurs yeux", poursuit-il.

Localement, ETB ou France3 Euskal Herri n’ont pas non plus leur place sur la TNT. "Le problème est donc plus large que celui de Kanaldude", relève Ximum Carrère. "Nous pouvons peut-être agir ensemble pour interpeller qui de droit. Ce sera l’un des grands chantiers des mois à venir", a-t-il indiqué.

Si le CSA a le pouvoir d’étendre la TNT, les grandes chaînes peuvent aussi intervenir en installant des émetteurs. Enfin, les pouvoirs publics sont également un levier pour influencer les débats. Ce qui est sûr, c’est que Kanaldude veut intégrer le wagon du numérique. "Les gens voient un intérêt à notre projet. Il faudra donc réussir à diffuser", a avancé la chaîne bas-navarraise.



CAB : appel à candidatures pour les télés numériques
Le gouvernement de la Communauté Autonome Basque lance aujourd’hui un appel à candidatures pour l’octroi de licences de télévisions locales numériques. Quinze zones de la CAB verront la naissance d’une nouvelle fréquence permettant de diffuser quatre chaînes de télévision chacune. Quelques conditions devront être respectées par les candidats. Le gouvernement autonome veut que les nouvelles chaînes émettent plus de quatre heures par jour et que 50% au moins de la programmation soit produite par les opérateurs eux-mêmes. De même, 15% du temps d’antenne devra être consacré aux artistes basques tandis que la présence de l’euskara devra refléter le niveau d’utilisation de la langue des zones desservies et en tout cas ne pas être inférieure à 20%.

Le groupe Hamaika (Euskaltel, EKHE, Elkar, Bainet, EKT, CMN) avait fait savoir en septembre dernier son intention de postuler dans toutes les zones où des licences seraient délivrées. Il avait également fait part de sa volonté de s’investir en Navarre et en Pays Basque nord.


 
Print
 
...More news
Pays Basque
Le Mouvement pro-amnistie présentera en janvier sa contribution au processus de paix
Culture
Ruper Ordorika porte sa croix
Sports
Quand les filles prennent la main
Pays Basque
Les élèves des ikastola souletines lancent leur journal bascophone
Pays Basque
Econduite par l’Inspection d’Académie, Seaska en appelle à l’Office public de la langue basque
Sujet à la une
Kanaldude rend l´antenne après trois mois d´antenne réussis
  © 2006 Baigura | Contact | About us | Advertise