Pierre Delanoë est mort conformément
Il revendiquait 500 tubes et 5 000 chansons : Pierre Delanoë, décédé dans la nuit de mardi à mercredi à l’âge de 88 ans, écrivit pour le gotha de la variété française pendant 40 ans, de Gilbert Bécaud à Joe Dassin, de Michel Sardou à Michel Fugain. Né en 1918, de son vrai nom Pierre Leroyer, licencié en droit, il fut d’abord receveur puis inspecteur des impôts, tout en écrivant des chansons. Il rencontre Gilbert Bécaud et écrit pour lui son premier succès en 1953, Mes mains, puis il enchaîne les tubes avec lui (Nathalie, L’Orange, La solitude). De 1950 à 1990, il écrit pour Hugues Aufray, pour lequel il adapte des chansons de Bob Dylan, mais aussi pour Joe Dassin (L’été indien, L’Amérique), Michel Sardou (Le France, Les lacs du Connemara), Gérard Lenorman (La ballade des gens heureux), Sylvie Vartan (La Maritza), ou encore Nicoletta, Dalida, Michel Fugain, Johnny Hallyday, Michel Polnareff, Nana Mouskouri. Il a adapté en français des comédies musicales comme Jésus-Christ Superstar et publié en 1980 un livre de souvenirs, La vie en chantant. Gaulliste convaincu, il a participé au lancement d’Europe 1 dont il a été directeur des programmes de 1955 à 1960. De 1984 à 1994, il fut président de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM), dont il était jusqu’à sa mort le président d’honneur. Il reçut la Légion d’honneur et fut élevé au grade de commandeur des Arts et Lettres en 2004. Derrière un évident savoir-faire il possédait une constance dans la conformité aux idées bien pensantes, et n’eut pas de mots assez durs pour les nouvelles générations de chanteurs. "Aujourd’hui, la chanson française a atteint le niveau zéro, lançait-il. Les chanteuses aboient et les chanteurs miaulent".
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