La fédération des écoles basques Seaska n’arrive décidément pas à dialoguer avec l’Education nationale... Les services de l’Inspection d’Académie ont à deux reprises annulé les rendez-vous pris le 10 novembre et le 21 décembre dernier. Par des courriers laconiques n’en expliquant pas la véritable raison, bien que soit invoqué le refus par les directeurs d’écoles de répondre à l’enquête envoyée à chaque rentrée.
"Prétexte", indique Isabelle Charritton, présidente de Seaska, puisque cette "grève" des directeurs existe aussi bien dans les écoles publiques. Le motif de la discorde ? L’attribution des délégations de direction, c’est-à-dire le financement du temps passé aux tâches administratives que doit remplir tout directeur.
Problème récurrent, si ce n’est qu’en juin dernier, la demande de Seaska n’a pas été déboutée : deux postes créés, correspondant à 3 heures hebdomadaires accordées aux directeurs des 21 ikastola. En revanche, l’Education nationale en a conclu qu’elle avait de cette manière octroyé les moyens que Seaska réclame depuis longtemps. Un solde de tout compte en quelque sorte ; tour de passe-passe que la fédération refuse d’accepter, d’où ses demandes de rendez-vous. Aussi Seaska en appelle à la médiation de l’Office public de la langue basque, où siègent le Rectorat et l’Inspection d’Académie. Dans un courrier daté du 20 décembre adressé au président de l’Office public (Max Brisson, chargé de la politique linguistique au sein du Conseil général), Mme Charritton demande une rencontre entre Seaska et l’ensemble du conseil d’administration de l’Office public.
Avec deux objectifs : le rétablissement du dialogue avec l’Education nationale et la négociation d’une augmentation des aides de l’Office au fonctionnement de Seaska. Cette demande fait suite à l’annonce par l’Office public d’une augmentation de 20% de son budget (lire le Journal de samedi 23 décembre), portant à 620 000 euros la contribution annuelle de chacun des trois principaux partenaires (Etat, Région, Département).
"Il y a des chiffres qu’il faut relativiser", réagit pourtant Isabelle Charritton. "La contribution de nos parents d’élèves se monte à 650 000 euros par an, d’avantage que le budget de l’Etat". Et de s’opposer aux déclarations du sous-Préfet. "Considérer que 300 postes et 15 millions d’euros constituent un Œeffort supplémentaire de l’Etat’ est intolérable. C’est la mission même de l’Education nationale que de mettre des professeurs en face des élèves, qu’il s’agisse de langue française ou de langue basque".