Le Mouvement pro-amnistie présentera le 6 janvier prochain au vélodrome d’Anoeta sa proposition pour "la véritable solution au conflit". L’annonce a été faite hier par le porte-parole de l’association des familles des prisonniers politiques basques Etxerat lors d’une conférence de presse à Donostia Saint-Sébastien.Estanis Etxaburu n’a pas donné davantage de précisions sur le contenu de la proposition qui sera faite sur la même scène où Batasuna avait présenté en novembre 2004 sa contribution, dite depuis d’Anoeta, laquelle est à l’origine du processus de dialogue actuel sur deux voies: la militaire, entre l’ETA et le gouvernement espagnol [l’Etat français est aussi appelé à y participer, ndlr], et la politique, entre tous les partis du Pays Basque.
Le porte-parole d’Etxerat a simplement déclaré qu’il s’agira d’un événement "en faveur de l’amnistie des prisonniers politique, c’est-à-dire, pour surmonter politiquement le conflit" basque.
Anoeta point de départ pour 2007
Estanis Etxaburu a appelé la société basque à participer à cet événement qui se réalisera sous le thème Hitza eta erabakia, askatasunez [la parole et la décision, en liberté, ndlr], et qui avait été annoncé début décembre par la lecture d’un manifeste présenté par des proches d’Igor Angulo, un militant basque mort en prison en début d’année. "Nous voulons partager avec la société basque le besoin d’une part de faire des pas dans la bonne direction pour résoudre le conflit basque, et d’autre part la nécessité d’avancer vers un processus qui permette au Pays Basque de conquérir sa liberté", affirme le manifeste. Selon ce texte du Mouvement pro-amnistie, où sont représentés les collectifs et associations anti-répression du Pays Basque, l’objectif prioritaire du "moment politique actuel" est d’obtenir "un cadre démocratique dans lequel tous les droits et toutes les options politiques seraient respectés"."Cela exige des conditions démocratiques tangibles: renoncer à la répression, avancer dans la démilitarisation du Pays Basque et dépasser ce cadre qui autorise l’existence de représailles contre les personnes. Le Pays Basque a besoin d’une restitution démocratique", selon le manifeste.
Hier, le porte-parole d’Etxerat a insisté sur ce point et a rappelé la situation des 600 prisonniers basques, dont "les 145 otages qui devraient être à ce jour en liberté" pour avoir purgé leurs peines ou en raison de leur état de santé. Estanis Etxaburu a souligné le cas d’Iñaki de Juana Chaos en grève de la faim depuis le 7 novembre dernier [lire par ailleurs] pour dénoncer "l’attitude criminelle du PSOE et de son secrétaire général" le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero.
Dans ce sens, le porte-parole d’Etxerat a appelé la société basque à participer aux rassemblements qui auront lieu demain soir dans les villes et villages basques "comme chaque dernier vendredi du mois" pour réclamer des Etats français et espagnol le rapprochement des prisonniers basques.
Le Forum d’Ibaeta, qui rassemble une cinquantaine de mouvements sociaux et syndicaux du Pays Basque, a appelé hier la société basque à participer aux rassemblements d’Etxerat. À travers un communiqué, cette plate-forme estime "indispensable de continuer à réclamer le respect des droits du collectif de prisonniers dont la situation a empiré au cours de l’année écoulée". Ces conditions pénitentiaires qui "inaugurent encore une nouvelle année" doivent disparaître en 2007, selon le Forum.