La plupart des mobilisations prévues par le Mouvement pro-amnistie ont eu lieu hier malgré les interdictions qui pesaient à leur encontre. Lors d’une conférence de presse d’urgence pour répondre à la mesure dictée la veille au soir par le juge Baltasar Garzón, Juan Mari Olano a affirmé que l’interdiction "renforce la nécessité d’occuper les rues pour soutenir un processus que l’Etat espagnol a dynamité". Car, selon le Mouvement pro-amnistie, le processus "manque de contenus politiques" et "les conditions démocratiques minimums ne sont pas remplies". À midi, des centaines de personnes se sont rassemblées à l’appel de LAB dans les quatre capitales du Pays Basque sud sous le thème "des conditions démocratiques maintenant", alors que l’après-midi des dizaines de rassemblements ont été organisés.
À Pampelune, après le rassemblement syndical, un groupe de militants de la gauche abertzale a décidé de s’enfermer dans la cathédrale pour protester contre les interdictions.
À Bayonne, dans le cadre de cette journée de mobilisations, une vingtaine de personnes se sont réunies mercredi devant la sous-préfecture de Bayonne à l’appel de Batasuna pour dénoncer la politique de la France face au processus de paix en cours.
Brandissant une banderole où était inscrit "Etat français: obstacle pour la paix au Pays Basque", les membres de Batasuna, ont déclaré que "le processus de paix n’est pas viable au vu de la position de la France et de l’Espagne".
"La situation est très grave",
"La situation est très grave", notamment en raison de "la répression qui se poursuit en France" a estimé Xabi Larralde tout en déplorant que "la France n’ait fait aucune déclaration ni aucun mouvement en faveur de la paix". Le porte-parole de Batasuna a jugé pourtant que "la France est un acteur du conflit basque et doit donc être acteur de la solution" et a donc regretté que le gouvernement français ne soit pas "impliqué dans la recherche de solution en faveur de la paix".Le porte-parole de Batasuna a pour sa part conclu que "la paix viendra en donnant la parole au peuple basque".