Je ne reviendrai pas sur l’excellent compte rendu fait dans Le Journal du Pays Basque sur la réunion de Dax. Il n’y a que le jpb qui ait honnêtement rendu compte de ce débat public en donnant la parole à tous les acteurs favorables ou non au projet.
Ça nous change de l’intolérable campagne médiatique qui a accompagné et aussi précédé le débat.
Je ne reviendrai pas sur l’excellent article de Chantal Torre [le jpb du 5 décembre] dont je partage les analyses.
Je ne reviendrai pas non plus sur les conclusions des experts, à savoir des prévisions imprudentes de RFF à l’horizon 2020 et une capacité suffisante des voies existantes pour absorber l’augmentation des trafics voyageurs et marchandises au-delà de ces prévisions.
Le débat a au moins montré un point de consensus : l’urgente nécessité d’améliorer les voies existantes non seulement la ligne Bordeaux-Hendaye, mais aussi les lignes secondaires en dégradation constante. RFF chiffre cette rénovation à 1 milliard d’euros.
Or seulement 200 millions seront demandés dans le contrat 2007-2013 entre l’État et la Région. On n’est même pas sûr qu’ils soient obtenus. Le cabinet suisse a en effet mis l’accent sur les difficultés de financement de tous les projets, surtout quand la rentabilité économique n’est pas démontrée.
Il y a un deuxième point qui n’a pas été contesté même s’il ne fait pas l’objet du débat.
C’est la possibilité d’un report modal maritime. Actuellement d’après RFF, la part du maritime dans le transport transpyrénéen est de 52 % contre 46 % pour la route et 2 % pour le ferroviaire. Le Journal du Pays Basque a relaté récemment les nouveaux projets entre Bilbao et Nantes.
Il faut savoir qu’une augmentation du trafic maritime de 1 % permettrait de réduire le nombre de poids lourds de 900. C’est une augmentation plus réaliste que la prévision d’augmentation de la part du ferroviaire de 1000%, objectif de RFF à l’horizon 2020. Lorsque le Y basque sera réalisé en 2013 avec une ligne mixte à 2 voies, il y aura un report de la route vers le ferroviaire, ce qui est souhaité par tout le monde, mais ce report seul ne fera pas baisser le nombre de camions à Biriatou. Le débat a montré que même avec cet objectif, le nombre de poids lourds augmenterait encore d’au moins 50% ! On oublie d’ailleurs de dire que le Y Basque n’aura pas plus de capacité que nos voies actuelles rénovées et qu’il ne sert à rien d’imaginer des flux différents donc incompatibles au nord et au sud de la Bidassoa.
Il faut donc jouer simultanément sur les 2 tableaux report maritime et report ferroviaire si on veut une solution satisfaisante.
Quelle serait à mon point de vue la stratégie la plus raisonnable ?
- améliorer les voies existantes et en premier lieu réaliser une barrière sonore dans toutes les zones urbanisées. Car il faut savoir que même si on crée des voies nouvelles, une bonne partie du trafic se fera encore sur les voies existantes. Il ne faut pas oublier que le fret ne peut pas emprunter les LGV (lignes à grande vitesse). Ceci doit être planifié de manière urgente. Et il est peu probable qu’on trouve l’argent nécessaire, s’il y a un projet de voies nouvelles qui devra lui-même chercher 4 milliards d’euros.
- L’expertise suisse a montré des points de saturation possibles à l’horizon 2020 entre Bordeaux et Dax. On peut donc envisager dans cette partie non seulement des évitements, mais une troisième voie ou même une quatrième là où c’est possible sans causer de nouveaux dommages à l’environnement. Avec ces améliorations, Pau et Biarritz seront à 3h30 de Paris. On peut aussi envisager de créer des tranchées ou des tunnels.
- Faire un nouveau point en 2013 et vérifier à ce moment-là si on a réussi à faire du transfert modal. L’expertise a montré qu’on pouvait attendre 2025 pour éventuellement d’autres infrastructures.