7 décembre 1862 il y a 144 ans :
Il y a un siècle, on brûlait les sorcières ; aujourd’hui on les rosse, c’est sans doute un progrès ; mais nous croyons qu’en échappant aux fagots, les sorciers désiraient bien éviter les coups de triques. Ces réflexions nous sont suggérées par une affaire jugée jeudi par le tribunal correctionnel, affaire qui a donné la mesure de la déplorable croyance qui règne encore, surtout dans les campagnes.
Marie O..., mendiante décrépite, comme le sont, du reste, toutes les sorcières pour indiquer leur puissance, avait eu querelle avec la dame L..., aubergiste à Villefranque. Marie O... promit de se venger, annonçant que malheur arriverait à l’aubergiste avant la fin de l’année. Quelque temps après, un de ses enfants tomba malade. Encore sous l’impression des menaces de la mendiante, la dame L... attribua cette maladie aux maléfices de la sorcière. Il fallait conjurer le sort et le seul moyen d’y parvenir était de contraindre la mendiante à guérir le mal donné. L’aubergiste, aidée de la dame G..., robuste femme fanatisée contre la sorcellerie, voyant passer Marie O..., la poursuivit et l’obligea à entrer dans l’auberge où, on la menaça avec un couteau, en accompagnant les menaces de quelques caresses un peu vives pour la contraindre à guérir l’enfant. Marie O... a porté plainte et, par suite, les dames L... et G... se retrouvent devant la justice qui les condamne à deux mois de prison ferme.
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