Angleterre
L’angoisse de la page blanche
·Au lendemain du départ de Robinson, l’Angleterre a une mission délicate : un remplaçant
Au lendemain du départ d’Andy Robinson de son poste d’entraîneur du XV de la Rose, le rugby anglais s’est réveillé hier avec la gueule de bois et une mission délicate : trouver un capitaine expérimenté qui acceptera de prendre la barre d’un navire en perdition. Le directeur de l’élite du rugby anglais Rob Andrew l’a concédé: il est "hautement probable" qu’à l’ouverture du Tournoi des six nations le 3 février, l’Angleterre soit sans entraîneur et dirigée par un triumvirat composé des adjoints de Robinson, Brian Ashton (arrières), Mike Ford (défense) et John Wells (avants).En un oxymore surprenant mais éloquent de la déconfiture des champions du monde 2003, Andrew a décrit la situation inextricable du XV de la Rose : "C’est très urgent, mais nous n’allons pas prendre de décision précipitée que nous regretterions dans six mois". Pour l’ancien entraîneur Roger Uttley (1990), l’Angleterre a depuis mercredi un "problème immense. Il n’y a personne en ce moment" à vouloir le poste. Andrew lui-même a exclu de prendre en mains la sélection, même en attendant une autre solution. Ce retrait, intervenu dans les minutes qui ont suivi la démission de Robinson, a parfois été perçu comme la crainte d’insulter son avenir personnel avec une équipe vouée à l’échec lors de la Coupe du monde en 2007 en France. Qui risquerait sa réputation quand les responsables du rugby anglais eux-mêmes reconnaissent qu’ils ont un "problème de structure fondamental", que leurs joueurs ne sont plus au haut niveau international ? Qui accepterait de s’occuper d’une équipe sans être certain que les clubs lui laisseront leurs joueurs à disposition plus de deux jours d’affilée ? Surtout qui irait de gaité de coeur à l’abattoir de la Coupe du monde, quand l’objectif désormais presque clairement affiché est d’arracher la 2e place du groupe derrière l’Afrique du Sud en battant les Samoa, pour aller en quarts de finale, avant de rebâtir pour 2011 ?
Johnson appelé mais silencieux
Andrew le reconnaît : les candidats potentiels "pourraient regarder ça en se disant : Ça ne me dit pas trop. Je préfère attendre de voir après la Coupe du monde". Evoqué, le Sud-Africain Nick Mallett semble vouloir répondre "Non merci", expliquant qu’il est en contrat avec la Western Province dans son pays, tout en n’excluant pas d’en reparler après le Mondial. Le patron du Néo-Zélandais Warren Gatland, qui entraîne la province de Waikato, a exclu de laisser partir son entraîneur avant l’expiration de son contrat, également après la Coupe du monde.Tous les entraîneurs anglais pressentis (Dean Richards, Dean Ryan et Richard Hill) sont liés à leurs clubs. Etant donné le niveau de rancoeur entre la fédération et la Ligue, les débaucher coûterait cher alors que les finances de la RFU sont tout sauf florissantes. Beaucoup appellent à la rescousse le capitaine des champions du monde Martin Johnson, qui n’a jamais entraîné, mais l’intéressé reste coi. En 2003, il y a trois ans l’Angleterre était championne du monde et incontestablement la meilleure équipe de la planète. Trois ans plus tard, elle peine à trouver un entraîneur et est 7e du classement de l'International Board (IRB, organe suprême du rugby), juste devant l’Ecosse. "Les chiffres ne mentent pas", reconnaît Andrew.
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