Chris Bailey et les Saints en transit au Pays Basque
·Les "gitans du rock’n roll" ont repris des forces sur la Côte entre deux concerts
Entre une date à La Roche-sur-Yon et une suivante à côté de Santander, les Saints ont décidé de passer quelques jours sur la côte Basque. Ce groupe de rock’n roll australien, influencé par les Kinks, Little Richard et entre autres Jimmy Reed écume la planète depuis déjà quelques dizaines d’années.Bien que le groupe ait vu le jour en 1975 à Brisbane en Australie, le chanteur guitariste Chris Bailey, qui flirt aujourd’hui avec la cinquantaine, est né en Afrique mais il est d’origine Irlandaise, de Belfast plus précisément. Il vit actuellement à Amsterdam. Depuis ces dernières années, il est accompagné par Peter, le batteur britannique, et Caspar, le bassiste hollandais installé à Belgrade en Serbie. John, le road attitré depuis des années est pour sa part Australien ! Toute cette joyeuse bande bigarrée est encadrée par Huggy, le tour manager ; un pur produit de la région Poitevine. Des "gitans du Rock'n roll" en quelque sorte, comme ils aiment à se qualifier. Une vie pleine de musiques, de voyages et aussi de contrôles policiers, comme celui de la Guardia civil de Béhobia, un peu perdue par autant de nationalités dans un seul véhicule... Les Saints sont aujourd’hui un trio rock’n roll fort d’une vingtaine d’albums. Avec les années, ils perdent d’ailleurs les comptes et ont même du mal à savoir si c’est le dix-neuvième ou le vingtièmeŠ Lorsque l’on parle d’Imperious Délirium, le dernier disque, Chris explique qu’à la manière de tous les autres, il l’a enregistré comme si c’était la première fois. De son avis, c’est aussi le meilleur enregistrement du groupe.
Des choses simples
Un album enregistré en en trois semaines, car, dit Chris Bailey, "notre élément c’est la scène, pas les trucs trop techniques de studio". "On aime les choses simples qui vont droit au but, continue-t-il en grattant sur sa guitare. On n’a pas eu envie de batailler sur des orchestrations, on cherche un truc qui retranscrive la vitalité de nos concerts, aller à l’essentiel en fait, comme au début." Depuis le début, en 1975, des concerts, ils en ont fait des tas à travers le monde et le seul regret de Chris, c’est que bien qu’ayant participé à un album avec des artistes latino-américains, il n’a pour l’instant jamais eu l’occasion d’aller jouer en Amérique du sud. Comme quoi même après plus de trente années au service du rock’n roll, il reste encore au groupe de bonnes aventures à vivre.
Souvenirs
Ce type semble aimer s’imprégner de ce qui l’entoure, préfère s’installer chez un copain sur la route plutôt que de fréquenter des hôtels, beaucoup trop impersonnels, trop froids pour laisser des souvenirs et nourrir des amitiés. Son ouverture d’esprit et sa curiosité naturelle l’ont poussé à établir des parallèles entre les symboles de sa culture irlandaise et celle des Aborigènes d’Australie, pourtant situés aux antipodes de la planète. Il a en projet de réaliser un enregistrement avec un ami chanteur et musicien aborigène accompagné d’instruments traditionnels irlandais. Une sorte de grande communion culturelle. Les affaires ne l’intéressent pas et il avoue détester le capitalisme. C’est un personnage bien loin des clichés des rock stars des années soixante-dix, celles que l’on imagine davantage soucieuses de ce qu’elles s’injectaient dans les veines que du sort que les hommes réservent à la terre. Au fond, Chris Bailey est un gars simple et sincère, un peu comme sa musique.
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