Il y a un an, la communauté de communes imposée par le préfet pour le sud du Labourd avait suscité beaucoup d’inquiétudes chez les Communistes, qui affirmaient alors voir dans cette structure un éventuel danger pour les communes mais aussi pour les citoyens, qui ne sont plus directement représentés dans le conseil de direction de la nouvelle administration locale. Un an après la mise en place de cette nouvelle collectivité, les élus de gauche ont souhaité faire un point, "non pas pour dresser un bilan mais pour partager leurs réflexions", a précisé Eugène Bagez, seul représentant communiste dans l’intercommunalité Sud Labourd.Tout en soulignant l’accord de principe des communistes sur la coopération intercommunale, ils ont insisté sur "l’aspect démocratique" que devrait "revêtir" la gestion intercommunale. "Un responsable de la DATAR avait dit une fois qu’il y a des institutions à sang chaud et des institutions à sang froid". Alors que les communes qui sont le "résultat des luttes populaires" correspondent au premier groupe, l’intercommunalité "issue des législateurs, pensée et réalisée par des élites et des élus" ferait partie selon le PC du deuxième. "D’où la nécessité d’une volonté et d’une forte action politique pour développer la démocratie au sein de l’intercommunalité" par le biais d’une "véritable démocratie participative" par exemple dans la "co-élaboration des projets et des budgets" entre élus et citoyens.
Les compétences
Quant aux compétences de l’intercommunalité, pour ce qui est des obligatoires, les élus communistes estiment qu’il faut se doter d’outils le plus tôt possible pour avancer dans le développement économique ou l’aménagement du territoire. Ils citent en tant qu’exemples, les comités de bassin Œemploi, les coopératives d’activité, les pépinières d’entreprises, la maîtrise publique du foncier et de l’immobilier d’entreprise, la vigilance et le contrôle de l’utilisation des fonds publics par les sociétés... Dans l’esprit de tous, l’affaire des papeteries de l’Atlantique "qui avaient bénéficié au démarrage de 450.000 euros pour s’installer" et dont le bâtiment a pu être récupéré par l’intercommunalité "pour le revendre ensuite, paraît-il!"L’intercommunalité devrait sur la même longueur d’ondes veiller à un équilibre économique entre la zone rurale du territoire "qui est en train de développer une agriculture raisonnée" et la côte, plus penchée sur le secteur tertiaire, où un "tourisme durable" devrait être priorisé pour protéger l’espace naturel.
Un espace naturel menacé d’un côté par les déchets flottants à l’ouest, par l’effet de serre à l’est avec le passage journalier de milliers de camions, et bientôt avec une "saignée au centre avec la Ligne ferroviaire à Grande Vitesse" Bordeaux-Hendaye.
Soucis aussi sur la gestion de l’eau, une ressource qui devrait rester dans les mains publiques. Le 7 décembre prochain l’intercommunalité étudiera le dossier sur la convention pour la commune d’Urrugne, a avancé Eugène Bagez. "Il y aurait une velléité de contestation du monopole de la Lyonnaise des Eaux. C’est un petit pas, mais il faudrait pousser plus loin et prendre l’exemple de la régie municipale de Biriatou pour mettre en place une régie intercommunale".
Concernant le logement, "on attend une incitation forte de la part de l’intercommunalité sur une politique de logement social, parce que c’est le seul moyen de freiner la spéculation".
Enfin, pour les compétences facultatives sport, culture, action sociale... les communistes craignent que l’intercommunalité ne se substitue aux communes. "En conclusion, l’intercommunalité doit être un outil pour la promotion d’un Pays Basque à vivre, pas à vendre".