Un livre dans et contre l’air du temps. Les éditions Elkar publient le premier roman de la jeune journaliste Nora Arbelbide Goizeko zazpiak. Elle est de la culture du zapping. Devant son ordinateur, elle a au moins quatre fenêtres ouvertes sur internet. Du coup, des citations, des sons, des slogans publicitaires surgissent par inadvertance tout au long du récit. Ce dernier se déroule dans le pays appelé Linery, dans le village Ibarneburu dans la vallée de Girazu de la province de Baxe-Santxo. Toute ressemblance avec... n’est pas tout à fait fortuite.C’est l’histoire d’un groupe de musicien Super Zazpiak®, formé façon Star-Ac’, avec un représentant de chaque province de ce fameux pays, qui est l’objet d’un kidnapping le nombre de jours croissant est affiché en tête de chaque chapitre, et qu’une jeune journaliste, aidée de son ami, entend déjouer et mettre au jour avant tout le monde.
Nora Arbelbide se sert de cette trame de ce "délire", appuie la journaliste de Berria, pour interroger "les rêves et désirs des jeunes de mon âge", ce monde "préfabriqué" auquel n’échappent pas "les jeunes euskaldun" dont elle est. "Dans ce monde globalisé, qu’avons-nous à dire?" Elle l’écrit en euskara, en batua mais avec le vocabulaire navarro-labourdin. Le journalisme, la production de l’information et sa marchandisation sont également questionnés.
Ecrire en euskara en 2006
Ce roman est écrit "sans prétention" précise la Garaztar de 26 ans, mais "c’est une façon de montrer ainsi qu’il est à la portée de chacun d’écrire en euskara". Un encouragement. Et la formidable démonstration qu’en "2006 on peut écrire, on peut décrire en euskara". Une langue qu’elle a eu plaisir à découvrir dans sa version littéraire "une langue riche et ouverte", sur un registre qu’elle a peu loisir d’utiliser dans l’écriture journalistique pressée quotidienne.L’écriture de ce roman s’est présentée comme "un défi" à soi-même dans un premier temps. L’obtention du prix Gazte Luma ("jeune plume") a aidé à sa concrétisation. Ce prix (de deux fois 1500 euros) est attribué tous les deux ans par la maison d’édition Elkar à un(e) jeune écrivain(e) du Pays Basque nord. Le premier lauréat fut Eneko Bidegain avec Anbroxio, suivi de Ramuntxo Etxebrri avec Skyroom. S’ils étaient alors les seuls postulants, cette fois elles étaient trois. Les candidatures pour la quatrième attribution sont les bienvenues.
En attendant, à l’invitation de l’Institut culturel basque, Nora Arbelbide présentera son livre le jeudi 30 novembre à 20h30 au centre Elgar d’Hasparren, ainsi que le samedi 2 décembre à la Médiathèque de Cambo à 10h30.