Concentré pamphlétaire jubilatoire
Un homme en colère. Contre le monde comme il va, contre tous les pouvoirs. Ce qui n’empêche ni la moquerie, ni l’autodérision, ni d’aimer la vie. Ce condensé, c’est la description d’Hartzea Lopez Arana qu’en a fait hier Hur Gorostiaga, red’ chef du JPB. C’est ce que l’on retrouve dans Ez Ireki, livre de poche édité par Gatuzain, regroupant les chroniques écrites en euskara pour la dernière page du Journal du Pays Basque depuis 2004 par Hartzea Lopez Arana. Un pamphlet concentré, précise la couverture du livre. Des chroniques aussi malicieuses que le regard arboré en quatrième de couverture de ces pages, aussi décoiffantes que le vent du Sud, "écrites avec les tripes autant qu’avec la tête" comme il le confesse volontiers. Ce que la forme pamphlétaire autorise. Dire les choses franchement n’est pas aussi facile qu’on pourrait le croire. Car "il faut assumer ensuite"; "écrire c’est se mettre à nu, s’inquiéter de ce que les gens vont penser de soi" observe celui qui a participé à la mise sur pied de la maison d’édition indépendante Gatuzain. Comme l’objet d’une de ses chroniques à propos de l’empire des marques sur nos identités. La politique, au sens large, irradie joyeusement l’ouvrage, laissant place aussi à la tendresse ou à la mélancolie comme dans la chronique de la rue d’Espagne. Les moments les plus jubilatoires étant ceux de la polémique politique, notamment à propos du mouvement abertzale.Une mise à nu assumée jusque dans la présentation de l’ouvrage en conférence de presse hier, où, sous des habits de Dandy, il paraphrase les mots usés jusqu’à la corde, jusqu’à ne plus rien signifier, parfois servis par les dirigeants de ce monde pour déclarer "l’utopie et Mai 68, c’est fini, l’heure est à la Liberté... d’entreprendre". Le livre en est le parfait envers. En conclusion, Hartzea Lopez Arana insiste, en citant Joan-Lluis Lluis dont Gatuzain publie ces jours-ci la traduction en euskara de Conversation avec mon chien sur la France et les Français, que "à toutes vos réponses j’ai des questions".
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