Ce n’est pas encore une fusion mais une préparation à cette étape qui devrait se finaliser au 1er janvier 2009. Depuis hier matin, les caisses de la Mutualité Sociale Agricole des Pyrénées-Atlantiques et des Landes sont réunies sous une même bannière, celle de la Fédération Sud Aquitaine de la MSA. Les conseils d’administration des deux structures ont voté ce rapprochement à l’unanimité moins cinq abstentions, celles des représentants de la CGT.
"Chacun va s’enrichir de l’expérience de l’autre et nous allons harmoniser l’action sociale dans le sens positif", a commenté hier Chantal Gonthier, la présidente de la nouvelle fédération et aussi présidente de la caisse 40.
Dans cette étape préalable à la fusion, et en partie générée par la baisse de la population agricole, chaque structure conserve son existence juridique. La Fédération devient l’employeur unique des personnels mais le rapprochement n’a pas d’effet sur les adhérents, qui relèvent toujours de l’une ou l’autre MSA. Les conseils d’administration départementaux vont ainsi coexister à côté du conseil fédéral, et ce, jusqu’à la fusion complète. Ils restent souverains pour les questions départementales mais travaillent cependant en étroite relation avec le conseil fédéral pour harmoniser tout ce qui peut l’être entre les deux caisses. La direction de la fédération se situera à Pau.
Des groupes de travail vont se mettre en place pour décider les orientations et organisations à adopter et préparer la fusion. La nouvelle direction assure que le regroupement ne s’accompagnera pas de suppression de postes. "Nous allons nous coordonner pour faire mieux et renforcer même la couverture sur le terrain", a assuré Chantal Gonthier.
La CFDT, majoritaire parmi les 259 salariés de la MSA, s’est montrée favorable au projet. "Il n’y aura pas de licenciement ni de mutation obligatoire pour les salariés", a assuré Isidore Héguy représentant le comité d’entreprise de la MSA. De son côté, la CGT, représentant une partie des prestataires du collège salariés de l’agriculture, s’est montrée plus sceptique en s’abstenant lors du vote pour le regroupement. Les quatre délégués des Landes et celui pour les PA sont inquiets des recommandations de la direction hexagonale de la MSA "qui ne prévoit de remplacer qu’un départ à la retraite sur deux ou sur trois".
"Avec moins de personnel, on ne pourra pas rendre les mêmes services de qualité qu’actuellement", a souligné Alain Orduna, administrateur CGT à la MSA64.
La MSA organise la protection sociale du monde agricole et rural (celui-ci ne dépend pas de la CPAM ni de la CAF). Les exploitants agricoles (13 359 en Pays Basque et Béarn), les employeurs (2343) et salariés (15 045) de l’agriculture dépendent de ce régime qui verse près de 300 millions d’euros de prestations par an dans le département. La MSA a engagé un plan d’action stratégique qui vise à mettre en place "un réseau stable" de 35 entités dans l’hexagone, au lieu de 54 aujourd’hui.