Vendredi 1er décembre Pascal Clément, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, viendra au Pays Basque, à Hendaye, pour visiter le Centre Educatif Fermé.
Ce même jour, dans tout le pays, magistrats et avocats manifesteront pour défendre un service public de la justice de qualité.
Au même moment le Ministre de l’Intérieur, Président de l’UMP, futur candidat à l’élection présidentielle, pour compenser ses très mauvais résultats sur le terrain et après avoir gravement porté atteinte à l’indépendance des magistrats, ose présenter un projet de loi liberticide qui porte atteinte à la fonction de Maire et encourage le désengagement de l’Etat ainsi que la délation.
Pourtant, incontestablement, la France dispose des moyens policiers et judiciaires les plus répressifs en Europe.
Une logique exclusivement sécuritaire ne peut permettre de redonner espoir à des jeunes qui perdent pied.
Ce n’est pas en punissant et en emprisonnant ceux qui évoluent dans la délinquance à cause de mauvaises conditions économiques, sociales et familiales, que l’ensemble de la société se sentira mieux protégé.
Ce projet de loi est combattu par la plupart des partis politiques, y compris au sein de l’UMP, mais surtout par la plupart des professionnels, des travailleurs sociaux, des éducateurs, des psychologues, des sociologues, avocats, juges des enfants, etc.
Ce projet Sarkozy remet en cause totalement la lettre et l’esprit de l’ordonnance de 1945 concernant les mineurs ; il réduit surtout à néant tout le travail des professionnels, tous les acquis, les travaux de recherche sur les enfants, personnes physiques mineures que la loi doit avant tout protéger.
Rappelons aussi que plus de 80% des mineurs délinquants ne récidivent jamais.
Augmenter le pouvoir répressif des Maires, les transformant en "shérifs" à l’américaine ou en délégués associés du Procureur de la République est très dangereux politiquement et juridiquement.
Nous avons déjà mesuré les effets de telles mesures, notamment sur le plan local, en matière de droit des étrangers.
Or, seule la mise en ¦uvre d’une politique globale, fondée sur la justice et l’éducation, est efficace à moyen et long terme.
La police de proximité doit revenir dans les quartiers.
Le logement est un chantier ultra-prioritaire ainsi que l’emploi et la formation, notamment pour les plus jeunes.
La fiscalité locale doit être complètement réformée pour assurer une vraie solidarité urbaine.
Nous allons devoir renforcer en moyens humains la Protection Judiciaire de la Jeunesse, l’aide sociale à l’enfance, et mettre en place de vrais contrats de partenariats avec les associations de prévention.
C’est aussi un de mes vieux "dada" : introduire dans l’enseignement, dès le plus jeune âge, l’apprentissage de notions de droit.
Il est aujourd’hui indispensable en 2006 d’apprendre aux jeunes le droit de la famille, le droit du travail, le droit pénal ; les éveiller le plus tôt possible aux deux notions essentielles et complémentaires que sont celles des droits et des devoirs.
Il est fondamental qu’un jeune sache lire un contrat de travail, d’apprentissage, un contrat de prêt, cela fait partie de la formation à la citoyenneté.
Il faut même aller plus loin et demander à des professionnels de la justice de venir directement transmettre leurs savoirs dès l’école primaire.
Autre proposition pour lutter efficacement sur le terrain : la création de Maisons de la Justice et du Droit.
Ces maisons sont directement ouvertes dans les quartiers, vers la population.
Il est possible d’y rencontrer tous les professionnels qui peuvent y travailler en partenariat.
C’est dans ce type de lieu que l’on peut mettre en place toutes les politiques de médiation :
- Médiation familiale et pénale ainsi que l’accueil des associations de prévention, de celui des associations de victimes, notamment un centre d’accueil au droit des femmes pour lutter contre les violences conjugales.
Il ne faut pas se tromper de combat. C’est l’exclusion sous toutes ses formes qui est la cause majeure principale de la délinquance.
Attaquons-nous très fermement aux causes et montrons ainsi très clairement aux jeunes le chemin de la responsabilité.