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Le JPB > Sports > Cyclisme 2006-11-10
Dopage - Affaire Cofidis
Relaxe requise pour David Millar
·Le procureur M. Hossaert a demandé la relaxe, car si Millar a bien reconnu avoir possédé et pris de l’EPO, il existe des doutes sur la localisation de l’infraction, en France ou en Espagne

Le procureur de Nanterre a requis hier soir la relaxe pour le cycliste Ecossais résidant à Biarritz, David Millar, des peines de prison avec sursis de trois mois à un an contre ses coprévenus du procès de dopage dans l’équipe Cofidis, et quatre à six mois ferme contre un ex-soigneur, Boguslaw Madejak. M. Madejak, 51 ans, a déjà effectué une peine de détention provisoire de 6 mois. Si le tribunal suit les réquisitions du procureur Jacques Hossaert, "un an de prison dont quatre à six mois ferme", l’ex-soigneur de Cofidis ne devrait donc pas retourner en prison. Le Polonais a fait se déplacer en France de jeunes coureurs de son pays, Marek Rutkiewicz et Daniel Majewski, qu’il a aidés ensuite à se doper pour améliorer leurs performances. Un comportement "détestable" pour le procureur, car les émoluments de Madejak étaient indexés sur les résultats des deux coureurs. A l’encontre de David Millar, ex-champion du monde du contre-la-montre en 2003 déchu pour dopage, M. Hossaert a demandé la relaxe, car si Millar a bien reconnu avoir possédé et pris de l’EPO, il existe des doutes sur la localisation de l’infraction, en France ou en Espagne. Or la justice française peut uniquement juger des faits de cette nature survenus sur l’hexagone.

Contre Pierre Ben Yamin, un pharmacien parisien du XVIe arrondissement soupçonné d’avoir fourni de l’EPO aux sportifs, le procureur a été plus sévère, en requérant "six mois à un an de prison avec sursis, assorti d’une amende de 3.000 euros" pour punir "un comportement qui n’aurait jamais dû être". Enfin, contre les sept autres prévenus, six coureurs ou ex-coureurs cyclistes (Philippe Gaumont, Médéric Clain, Massimiliano Lelli, Robert Sassone, Marek Rutkiewicz, Daniel Majewski) et un entraîneur de troisième division, Oleg Kozlitine, M. Hossaert a requis "trois à six mois avec sursis", sans amende. A l’encontre de ces sept derniers prévenus, le procureur a expliqué avoir demandé des "peines de principe". En France, avait-il précisé peu avant, "les sportifs qui se dopent sont considérés non pas comme des délinquants mais comme des malades".

Revenant sur Philippe Gaumont, coureur qui a raconté durant le procès la "culture de la seringue" et "l’hypocrisie" régnant sur le dopage dans le cyclisme, M. Hossaert a rappelé que "M. Gaumont a fait de nombreuses déclarations (...) et cela aujourd’hui lui est particulièrement reproché".

Dans son réquisitoire, il avait auparavant dénoncé "l’omerta" sur le dopage dans le cyclisme, "sport dans lequel il existe une tricherie certaine". Il a aussi égratigné au passage l’ex-médecin de l’équipe Cofidis, Jean-Jacques Menuet, "pas aussi lisse qu’il n’y paraît", car il était "au courant" des pratiques dopantes dans son équipe et a peut-être aidé à les dissimuler, mais ces faits "ne peuvent être poursuivis sur le plan strictement pénal".

Le procès s’achève aujourd’hui. Le jugement sera mis en délibéré.


 
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