Arnaldo Otegi accuse M. Zapatero d’un "manque d’ambition historique"
"Il n’y a pas de processus" du moment où le gouvernement socialiste espagnol "continue à mener la politique du PP". Le leader de Batasuna Arnaldo Otegi a ainsi réagi au verdict de 12 ans et demi de prison dicté à l’encontre du prisonnier basque Iñaki de Juana Chaos pour un délit de "menaces terroristes". Selon Arnaldo Otegi, la pression exercée par la justice espagnole sur la gauche abertzale ne peut plus se faire, "sinon il n’y aura pas de processus"."La situation s’aggrave" et la condamnation du militant donostiar ne fait qu’empirer les choses, selon Batasuna. "C’est un fait grave qui aura des répercussions sur le processus de paix", a déclaré Arnaldo Otegi en conférence de presse à Saint-Sébastien. Iñaki de Juana Chaos, qui devait initialement être libéré en février 2005, a été condamné mercredi pour la publication de deux tribunes libres. Il est entré en grève de la faim et il a annoncé au ministère qu’il est prêt à "aller jusqu’au bout pour dénoncer l’injustice". Il vient de sortir d’une grève de la faim de deux mois qui avait contraint la justice espagnole à ordonner son hospitalisation et son alimentation forcée. "Cette fois-ci il a dit qu’il irait jusqu’au bout, et nous le croyons fermement. Que se passera-t-il s'il finit par lui arriver quelque chose?", s’est encore interrogé Arnaldo Otegi. "Dans ces conditions, le processus est impossible", a-t-il ajouté tout en accusant l’exécutif socialiste d’un "manque d’ambition historique". Interrogé mercredi par des journalistes sur la nouvelle condamnation du prisonnier donostiar, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, avait lui-même reconnu que "certains facteurs" rendent "le processus plus compliqué et impliquent plus d’efforts" pour trouver une issue favorable.
PNV: "Involution démocratique"
Par ailleurs, le président du PNV, Josu Jon Imaz, a déclaré qu’"il n’est pas acceptable de condamner une personne à douze ou treize ans d’emprisonnement pour le fait d’avoir écrit deux tribunes d’opinion, tout comme il n’est pas acceptable de rouvrir le dossier Atutxa-Knörr-Bilbao [l’affaire contre l’ancien président du Parlement basque et les deux parlementaires accusés de n’avoir pas dissous le groupe de la gauche abertzale] ou d’ouvrir une enquête contre le lehendakari ou contre le secrétaire des socialistes basques PatxiLopez" pour avoir rencontré publiquement des dirigeants de Batasuna.Interviewé par la télévision publique ETB, le leader des abertzale démocrates-chrétiens a déclaré que "ces derniers temps, on est en train de vivre, une véritable involution démocratique de la part de certains secteurs du système judiciaire. Il y a des secteurs ultra-conservateurs cantonnés au Pouvoir judiciaire, au Tribunal Supérieur de Justice de la Communauté Autonome Basque, au Tribunal Suprême, au Conseil général du Pouvoir judiciaire Consejo General del Poder Judicial (CGPJ) qui représentent un véritable risque d’involution démocratique".
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