28 octobre 1910 il y a 96 ans :
Le rêve de Perrette : Nous avions tous fait un beau rêve. Nous comptions à Bayonne, dur comme pierre, sur un régiment de hussards. Les élégants dolmans bleu de ciel auraient paré de reflets gracieux nos belles promenades et le cliquetis des sabres battant le gravier de nos allées auraient été une musique fort agréable aux oreilles des Bayonnais. Sans compter que le commerce local pouvait trouver quelque profit dans l’augmentation de l’effectif de la garnison. Au début des pourparlers entre le département de la guerre et le conseil municipal, un conseiller osa prétendre que, pour "enlever" cette affaire, il fallait tout de suite offrir pour les casernements 1 500 000 fr. et les terrains. Il y eut un tollé général et de vives protestations. C’était la ruine du budget, le gaspillage de l’argent de la ville !
D’autres villes, pendant ce temps-là, faisaient au ministère d’autres propositions. Nos édiles bientôt se ravisèrent, et, réflexion faite, offrirent la somme qui les avait tant effrayés, plus les terrains nécessaires aux casernes. Un grand pas ainsi était fait ; il n’y avait plus qu’à attendre, la décision du ministre de la guerre. Or, cet espoir paraît maintenant loin de se réaliser. Sollicité de toutes parts, gêné par son budget, le ministre a énergiquement décidé... de ne prendre aucune décision au sujet de l’attribution à telles ou telles villes de nouveaux régiments de cavalerie. Nous avions fait le rêve de Perrette. Et maintenant, c’est bien fini : Adieu veaux, vaches... chevaux, hussards !
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