Amerikastola, immersion dans l’enseignement bilingue indigène
·Deux professeures d’ikastola en Amérique du sud
Deux jeunes Basques ont parcouru durant huit mois quatre pays d’Amérique du sud.Un voyage conçu comme une étude pour dresser un bilan sur la situation de l’enseignement des langues minoritaires. Après avoir visité les écoles bilingues du Venezuela, du Brésil, de Guyane et du Pérou, Nerea Leturia Nabaroa et Audrey Hoc rapportent leurs observations en Pays Basque. Une exposition itinérante a débuté à Ustaritz et se poursuivra à Hendaye, Hasparren, Bayonne, Anglet, Biarritz et même Strasbourg. Le projet Amerikastola est ainsi dévoilé avec, pour chaque halte, une soirée de rencontre avec les deux enseignantes autour d’un film qui illustre leur périple.La première projection de ce film doit avoir lieu ce vendredi soir, salle lapurdi à Ustaritz.Le projet Amerikastola a débuté le 1er janvier 2006 à Caracas, avec, accidentellement, un détour instructif au Forum social Mondial qui se tenait dans la capitale vénézuélienne au même moment.Pour Nerea Leturia, professeure d’espagnol dans une ikastola du Pays Basque sud et Audrey Hoc, professeure d’Histoire géo en Ikastola au Pays Basque nord, l’idée était d’abord de mettre en réseau l’enseignement des langues minoritaires, échanger les expériences et mutualiser les solutions.
Constat amer
Mais le constat d’Audrey Hoc est amer.Car si "tous les gouvernements" des pays traversés font la promotion d’une "éducation interculturelle bilingue", en revanche ils manquent de "structures alternatives".En clair, il n’y a pas d’Ikastola et l’enseignement des langues autochtones se résume parfois à une demi-heure hebdomadaire.Pour Audrey Hoc, il est trop tôt.A l’image du Venezuela, la plupart des pays traversés, qui défendent les cultures indigènes, "restent de gros Etats nations".En quête d’une identité nationale forte, ces pays balayent de fait les diversités culturelles.Et puis il y a le poids du colonialisme, si récent dans l’histoire du Venezuela, du Brésil, du Pérou.D’ailleurs, comme dans de nombreux pays du monde, les plus grandes réussites en termes d’apprentissage dans les langues maternelles sont le fait des évangélisateurs.En définitive, sur le mode de la rencontre et de l’échange interculturel, ce diagnostic partiel et partial de l’enseignement bilingue met en valeur, sur le mode du récit de voyage, les besoins et les réflexions d’une éducation en quête de sa voie.C’est sur cette voie qu’Audrey Hoc espère bâtir un réseau et accompagner les réflexions en cours en Amérique Latine.Avec l’expérience des ikastola. Exposition
Amerikastola.Jusqu’au 28 Octobre : bibliothèque de Ustaritz. Soirée débat vendredi 27 Octobre. 21h. Salle Lapurdi. http://amerikastola.over-blog.com/
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