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Le JPB > L'opinion > Tribune Libre 2006-10-25
Christophe MARTIN / Conseiller Général de Bayonne Nord - Maire Adjoint de Boucau
Sécurité industrielle : la responsabilité des élus

L’évolution du port de Bayonne se confond avec son histoire qui fut riche et mouvementée.

L’installation des Forges de l’Adour à la fin du XIXe siècle, assurera l’essor des communes de Boucau et de Tarnos tout en ayant un large rayonnement économique sur l’ensemble du Pays Basque et du Sud Landes.

A l’époque toute la vie locale s’organisait autour du travail aux Forges, qui déterminait la densité de la population et rythmait les activités.

L’usine possédait sa cité, ("les casernes"), son église, son école, le tout savamment orchestré par la domination patronale de l’époque permettant une certaine homogénéité de la population.

Parallèlement à cela, la dureté du travail de métallurgiste renforçait les liens entre les ouvriers qui se structuraient en syndicat afin d’entamer, avec succès une série des mouvements revendicatifs visant à l’amélioration des niveaux de rémunération et des conditions de travail.

A cette époque, l’usine employait jusqu’à 2155 personnes travaillant selon les "trois huit"

Cette remarquable industrialisation entraînera une expansion économique et une poussée démographique sans précédent sur les communes de la rive droite en particulier celles de Boucau et Tarnos.

En déclin économique, l’annonce officielle de la fermeture des Forges de l’Adour est décidée le 5 juillet 1965.

Ainsi se tournait une page importante de l’activité du Port de Bayonne qui allait poursuivre son développement sans plus jamais accueillir d’équipements de cette importance.

De ce glorieux passé nous retiendrons, l’intense activité qui régnait autour de cette zone portuaire, et les Solidarités entre les hommes qui se sont construites à l’époque et qui demeurent encore.

Le progrès technique et l’évolution technologique ont permis par la suite le développement du Port de Bayonne et favorisé l’arrivée d’autres équipements.

Ainsi l’implantation, dès les années 30, d’un dépôt d’hydrocarbures en bordure d’Adour, permettait d’approvisionner les véhicules, peu nombreux à l’époque.

De mémoires d’anciens, on raconte même que de jeunes enfants transvasaient, à la main, l’essence dans des bombonnes de verre.

En 1951, les Raffineries du Midi reprenaient l’affaire et développaient considérablement le site jusqu’à arriver à l’équipement que l’on connaît aujourd’hui : à savoir une capacité de stockage de 38 000 m3 permettant la sortie de 510 00 tonnes de produits pétroliers par an.

Or il n’aura échappé à personne que cet établissement se trouve complément inséré dans le milieu urbain, notamment boucalais, mais aussi à quelques encablures de Bayonne et d’Anglet (seule séparation: l’Adour).

Un milieu urbain identique puisque 95 % des habitations existaient avant le développement de cette Raffinerie, ainsi qu’en attestent les documents d’urbanisme de l’époque.

Cet établissement, classé SEVESO 2 seuil haut, fait l’objet de contrôles, tels que prévus par la loi, et l’industriel, il est vrai, a fait de gros efforts ces dernières années pour prendre en compte la sécurité au sein de son entreprise.

Mais nous le savons bien, en matière d’accidents industriels, le risque zéro n’existe pas.

AZF, dont nous venons de commémorer le 5e anniversaire, l’accident de Londres et plus près de nous, l’explosion du Chassiron ou des wagons de méthanol à côté de LBC Sotrasol nous prouvent que nous ne sommes pas à l’abri d’une catastrophe.

C’est la raison pour laquelle, je prétends qu’il serait nécessaire d’obtenir qu’une antenne, du Centre de Secours des Pompiers du BAB, sorte de poste avancé, puisse être installée sur la rive droite à proximité de l’ensemble des sites industriels.

J’ai interpellé, en ma qualité de Conseiller Général du Canton, le Président du Conseil Général ainsi que le Président du Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) afin qu’une réflexion sérieuse soit menée sur le sujet en lien avec le Département des Landes.

En effet, chacun aura pu constater à quel point il est aisé de circuler sur le BAB, en particulier aux heures de pointe, or les secours se trouvent basés à Anglet et les risques industriels concentrés sur la rive droite.

Ajoutons que, la menace que présente cette Raffinerie pour les populations riveraines est réelle et ne pas vouloir admettre que le Port de Bayonne se trouve situé en milieu urbain serait une erreur très grave.

C’est la raison pour laquelle, il faut déplacer cet équipement en zone plus aval, plus sécurisée, et surtout plus éloignée des populations.

Pour ma part, je prétends que la Raffinerie pourrait être déplacée soit en extension de LBC Sotrasol, soit sur les anciens terrains Socadour.

En ce sens la réaction du Maire de Tarnos est surprenante car la question de l’aménagement de la zone portuaire dépasse les compétences des communes puisque cet espace est régi par une Charte Portuaire qui a déjà défini quels sont les aménagements possibles.

Quant à la question de l’emploi, elle se trouve prise en compte par l’accueil sur l’espace libéré par la Raffinerie d’un autre équipement industriel, non menaçant pour les populations, et non polluant, et de nature lui aussi à créer des nouveaux emplois.

Désormais, le débat est lancé, chacun doit être mobilisé : riverains, associations, simples citoyensŠ

Mais plus que tout, les élus ont une lourde responsabilité, et ne rien faire serait une faute impardonnable si par malheur un accident devait se produire.

Pour l’instant, les parlementaires locaux ne se sont pas exprimés.

J’ai espoir que la Région, qui s’est positionnée de façon offensive sur la question du Port de Bayonne, soit un allié de poids.

Mais je sais aussi que ce n’est que lorsque tout le monde sera convaincu du bien-fondé de cette affaire que les choses bougeront efficacement et que nous pourrons aborder la question du transfert et de son financement.

Même si cela demande du temps j’ai bon espoir d’aboutir à un résultat positif et ma détermination restera intacte et inébranlable.


 
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