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Le JPB > Pays Basque 2006-10-25
Les élus souletins favorables à la poursuite des études à Charritte
·Le bureau de Bil ta Garbi assure qu’un nouveau centre d’enfouissement est indispensable sur la Côte basque

Il est rare de voir une telle tablée. Alain Iriart président de Bil ta Garbi était hier épaulé par ses vice-présidents : le député-maire Jean Grenet, le maire d’Anglet Robert Villenave, par Philippe Juzan président du syndicat intercommunal Bizi Garbia, par les maires de Briscous et d’Urrugne Jean Falagan et Léon Marin, par Dominique Boscq représentant la communauté de communes de Soule ainsi que Jean-Jacques Lasserre, président du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques. "Lorsqu’il s’agit de questions majeures, qui font appel à la responsabilité collective des élus et des citoyens, il y a urgence à apporter davantage de solidarité au niveau de ceux qui portent la charge de la décision par-dessus des divergences politiques" a évoqué Jean-Jacques Lasserre en direction d’Alain Iriart, afin d’exprimer son "adhésion complète" à la démarche et au choix technique fait par Bil ta Garbi. "Un choix intelligent qui va dans le sens de l’histoire" a-t-il ajouté, s’éloignant des tentations de l’incinération qu’il avait eues un temps. L’élu de Bidache a précisé que le Conseil Général n’est pas le responsable de l’organisation du schéma départemental des déchets, qui revient pour l’instant au préfet, même si l’exécutif palois souhaite prendre toutes ses responsabilités sur le dossier.

"Maladroits"

Les propos de Didier Borotra assurant qu’il n’y aurait pas de nouveau centre d’enfouissement sur la Côte la semaine dernière (voir notre édition de vendredi), "maladroits" selon Alain Iriart, ont provoqué un tollé en Pays Basque intérieur et notamment auprès des populations déjà sensibles au sujet. Alain Iriart a voulu rappeler les décisions "irrévocables" de Bil ta Garbi.

Les objectifs fondamentaux de Bil ta Garbi sont de créer moins de déchets, trier plus, limiter le transport, les prétraiter afin de les réduire au moins de moitié et les rendre inertes, puis de les enfouir. Il a ainsi rappelé que ces deux dernières années le nombre de déchets se réduit en Pays Basque, à l’inverse de la France, et que cette année encore la tendance se poursuit. Il a rappelé aussi, la mise en place du tri sélectif et des composteurs pour les déchets organiques. Des études sont en cours pour valoriser les plastiques. Par ailleurs, deux zones ont été définies, avec une solidarité financière et technique avec des installations de proximité. A l’ouest Bayonne aura deux équipements : un premier de prétraitement de déchets qui accueillera les 60 000 tonnes de déchets ménagers de la zone ouest, et un deuxième équipement qui accueillera les déchets recyclables de la totalité du syndicat (Pays Basque intérieur également) ainsi que les déchets recyclables de Bizi Garbia, qui est en dehors de Bil ta Garbi. De plus, le centre de Zaluaga II (Bizi Garbia) accueillera 25 000 tonnes par an. "Il manque un autre centre d’enfouissement à trouver sur la Côte dans les cinq ans, dont les études sont en cours" a souligné le maire de Saint-Pierre-d’Irube. Il a également précisé que le choix de Bil ta Garbi se porte sur un équipement public, mais qu’à défaut, il pourrait être fait appel au privé. À l’est, un centre de prétraitement du même type que celui de Bayonne, mais plus petit, qui sera couplé à un centre de stockage comme Zaluaga II, mais plus petit également. Ce sont les équipements qui sont en cours d’étude à Charritte-de-Bas. Tout cela pour tordre le coup à l’idée que les déchets de la Côte pourraient aller vers l’intérieur. En revanche, l’inverse se produira en ce qui concerne les déchets recyclables, comme l’a rappelé Jean Grenet.

Prématuré

Alain Iriart et Jean Grenet ont jugé "inadmissible" l’attitude des associations des riverains qui "n’hésitent sur aucun argument mensonger afin de faire peur à la population". "De faux arguments, des mensonges et même des agressions verbales" selon Alain Iriart qui estime que la limite de l’acceptable a été dépassée.

Il déplore donc que le conseil municipal de Charritte-de-Bas se réunisse ce soir à huis clos afin de décider de l’implantation ou non d’un centre d’enfouissement sur la commune, "sous pression", à la demande de 5 conseillers municipaux d’opposition sur 11, auxquels s’est ajouté un conseiller municipal de la majorité, premier voisin du site de Larraskakoplaza.

Pour Alain Iriart prendre une décision sur l’implantation est "prématuré". "Nous n’en sommes qu’aux études" rappelle-t-il, souhaitant qu’une décision intervienne une fois que les études seront terminées et un projet présenté. "Je le dis comme je l’ai toujours dit, il est impossible que l’on installe un centre d’enfouissement sans l’accord de la commune. Nous ne pouvons pas passer en force" a-t-il assuré, avant de remarquer que le vote du conseil municipal ne pourra pas empêcher de simples études.

Après des permanences, des réunions publiques, des visites de sites proposées aux habitants de Charritte, Alain Iriart a suggéré de mettre en place un médiateur qui ira à la rencontre des habitants de Charritte-de-Bas pour expliquer la démarche.

Soutien souletin

Dominique Boscq, vice-président de Bil ta Garbi et maire de Lacarry a indiqué que la Communauté de Communes de Soule souhaite que les études puissent continuer avant de se prononcer sur le fond, transmettant tout le soutien des élus souletins au maire de Charritte-de-Bas, Hubert Lagaronne. Dominique Boscq a regretté que "certaines associations croient qu’il suffit de s’opposer pour évacuer un problème". Il a rappelé les initiatives prises par Bil ta Garbi, auxquelles les associations ont répondu par "le boycott et la désinformation".

Le député maire de Bayonne, a ajouté que les élus et habitants du Pays Basque intérieur doivent prendre leurs responsabilités afin de traiter leurs déchets, au même titre que la Côte traitera les siens.



L’exemple de Zaluaga
Philippe Juzan, président de Bizi Garbia, qui gère le centre d’enfouissement de Zaluaga s’est dit "agacé" d’entendre que l’intérieur ne veuille pas des déchets de la côte "alors qu’entre 1997 et 2004 Zaluaga a traité l’ensemble des déchets de Garazi, Baigorri, Saint-Palais, Kanbo, sans faire de bruit sur le sujet et sans polémiquer". Encore aujourd’hui, les déchets de la zone sont enfouis sur place. "Rentrer dans une polémique côte-intérieur n’a pas de sens" pour l’élu luzien.

Le conseiller général de Saint-Jean-de-Luz a rappelé leur souci de "zéro nuisance", avec traitement du biogaz et des lixivias. "Après 25 ans de Zaluaga I et Zaluaga II il n’y a pas de problème. Des contrôles réguliers sont effectués et le centre nous donne toute satisfaction" a-t-il dit à l’adresse des habitants de Charritte. Zaluaga a reçu le label Iso 14001 en juillet 2006, "grâce à des conditions environnementales parfaites". La labellisation étant pour trois ans, il a remarqué qu’il s’agit là d’un gage de bon fonctionnement du site.

Philippe Juzan a rappelé les résultats d’une enquête réalisée auprès des riverains de Zaluaga et des professionnels du tourisme d’Ahetze et St-Pée "qui n’ont pas relevé de nuisance", précisant toutes les enquêtes techniques et olfactives menées sur les alentours.

La capacité de Zaluaga II est de 1 million de tonnes, soit 50 000 tonnes par an sur 20 ans, soit 2026.

Philippe Juzan a fait part de l’inquiétude des élus par rapport aux dernières informations parues ces jours-ci. Néanmoins il a confirmé que Zaluaga II n’est "qu’une solution provisoire aujourd’hui au maximum de sa capacité annuelle". En effet, le centre d’enfouissement peut recevoir 50 000 tonnes par an, et en reçoit 18 000 tonnes par sa zone naturelle du syndicat Bizi Garbia, 25 000 tonnes de Bil ta Garbi et 8 000 tonnes d’Hendaye, soit 51 000 tonnes par an.


 
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