Véhicule du Spectre, l’ennemi juré de James Bond, ou accessoire d’un film de science-fiction? Que nenni. "Le futur? on y est, et ça marche!" lance François Hirigoyen de la société Robosoft, installé à la Technopole d’Izarbel à Bidart. Et pour ceux et celles qui en douteraient, Robosoft a mis à la disposition du public un véhicule complètement automatisé qui transporte des personnes le long du littoral du côté d’Anglet. "Une expérimentation, précise le jeune commercial, qui permet de recueillir l’avis des personnes transportées."Ces dernières sont plutôt enthousiastes. Seule une fraction s’inquiète de la répercussion fiscale de cette démonstration d’un véhicule sans chauffeur, depuis l’ancienne salle des Fêtes de la Chambre d’Amour, jusqu’à la pointe du VVF. Elle est nulle, la maire n’ayant accordé que l’autorisation de transporter des personnes sur ce segment. Cette navette est en démonstration jusqu’à vendredi.
Le véhicule est guidé par un GPS amélioré, dit GPS différentiel. La précision du GPS est de 4 à 5 mètres. Celle-ci est doublée par un appareil qui a été installé par Robosoft sur le toit du VVF. La précision est ramenée à deux ou trois centimètres en fusionnant des informations concernant le nombre de tours de roues (ou odométrie). Des capteurs lasers et ultrasons, installés sur le véhicule, parachèvent le dispositif de sécurité pour éviter tout type d’obstacles qui peuvent se présenter du piéton au parapet. La trajectoire étant pré-définie, la commande de la destination s’effectue sur un écran tactile à l’intérieur du véhicule.
Ses possibilités de développement sont immenses. Depuis quatre ans, le fort du Simserhof, à Bitche en Moselle, est ainsi équipé de ce genre de véhicule. C’est "la première solution entièrement robotisée de transport collectif pour le tourisme culturel" assure la société fondée à Paris en 1985, venue s’installer au Pays Basque au début des années 90, et aujourd’hui leader européen des services en robotique employant une trentaine de personnes.
François Hirigoyen ne tarit pas d’éloges sur les possibilités d’un tel outil. Le véhicule étant électrique il nuit moins à l’environnement, et réduit à néant les coûts d’exploitation (en personnel et entretien). L’achat d’un tel véhicule de 30000 à 100000€ selon la taille et la fonction du véhicule est alors "très rapidement amorti".
Mais il ne s’agit pas de venir en concurrence des autres modes de transports collectifs, prévient F.Hirigoyen, mais "en complément". Assurer des liaisons entre des parkings et le centre-ville, le transport dans les terminaux d’aéroport, les musées ou encore les pépinières d’entreprises. Le transport collectif ou individuel automatisé semble particulièrement indiqué pour résoudre le problème du dernier kilomètre, casse-tête récurrent dans nombre de secteurs. En attendant, la société est "en recherche de sites pionniers". L’avis est lancé. Le nouveau James Bond est quant à lui programmé pour novembre prochain.