Bayonne, loin des clichés, près de ses quartiers
·Le dernier ouvrage de Claude Labat suit la ligne 1 de la STAB pour raconter une ville métissée et vivante, loin de l’image figée de cité historique
Bayonne est-elle basque ou gasconne ? La question a été moult fois posée à Lauburu, l’association patrimoniale présidée par l’historien Claude Labat. "La querelle n’est pas morte, c’est désolant. Bayonne est multiculturelle de tout temps et cet aspect est aujourd’hui encore, riche de promesses", répond-il un rien dépité. Pour arrêter aussi avec les "sempiternels clichés" qui figent la cité "dans un corset de lieux communs aussi résistants que les remparts de Vauban", du style Bayonne ville d’Art et d’Histoire, de fêtes et de bonne bouffe, Claude Labat s’est lancé dans la réalisation d’un ouvrage original que les éditions Elkar viennent de publier. "Bayonne, raconter la ville autrement"."L’idée m’est venue en regardant une jeune collégienne noire assise en face de moi dans le bus de la ligne 1, qui regardait la statue du Cardinal Lavigerie, place du Réduit", raconte Claude Labat en mettant en avant la "singularité de ce face-à-face". "Une jeune fille noire, ici à Bayonne, dans la patrie de celui qui voulait convertir le continent de ses ancêtres", ajoute-t-il. L’historien a donc préféré raconter Bayonne "en laissant parler le présent". Le livre suit ainsi la ligne 1 de la Stab, en racontant la ville depuis ses quartiers nord jusqu’au Polo Beyris en passant par Saint-Frédéric ou les Arènes. Visite insolite où l’on évoque les Jardins Familiaux de Bécadine, du côté de Malégarie, le marché de la ZUP, tous les mercredis, les cartes de restaurants du boulevard Alsace-Lorraine qui sont autant de "cartes du monde", le festival "par et pour les habitants" de Bayonne nord, l’urbanisation aux Arènes ou à Marracq, les 34 langues parlées à Bayonne... "Il y a 24 arrêts. A chaque arrêt on raconte ce qui se vit à Bayonne. Ce sont souvent des événements assez peu connus comme les initiatives prises par les associations de quartiers", explique Claude Labat. "L’aide aux devoirs ou l’accueil des étrangers, cela construit beaucoup plus la ville que des damborrada ou des fêtes", avance l’historien.
Cinq étages de la maison Bayonne
L’ouvrage est composé de courts paragraphes et illustré de photos qui montrent le quotidien de la ville. Une trentaine de personnes qui vivent dans les différents quartiers de Bayonne ont aussi pris la parole pour "dire leur ville". Par ailleurs, le livre de Claude Labat est introduit par un conte moderne, illustré par Asisko Urmeneta, dans lequel on fait connaissance avec les Etcheverry, habitant au rez-de-chaussée de la maison Bayonne et qui partagent souvent un bon repas avec les Cazenave du premier étage. La famille Maisonneuve est installée au troisième juste au-dessous des familles Lopez et Oliveira. Rachid, animateur de centre de loisirs et Adou, étudiant malien en informatique à l’IUT de Bayonne habitent au cinquième. Une maison et des habitants qui, selon Claude Labat, "illustrent parfaitement l’histoire de Bayonne".· Livre
Bayonne, raconter la ville autrement, Claude Labat, Editions Elkar.
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