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Le JPB > Culture 2006-10-14
Lafayette nous voilà!
·Rencontres improbables en vitrine des Galeries Lafayette sur l’encombrement dans un poivron

Ce pourrait être au fameux cri de "Lafayette nous voilà !" que quatre performeurs vont se ruer aujourd’hui aux ŒDames de France’, les Galeries Lafayette de Bayonne.Si la citation historique a été inventée par le chroniqueur Gaston Leroux qui avait raté le débarquement du général Pershing, chef des armées américaines lors de son arrivée dans les tranchées de la guerre de 14, en revanche une certitude demeure.Le festival Rencontres improbables s’affiche en vitrine.Et le chaland risque fort d’être étonné en étant ainsi interpellé dans un temple de la tranquillité, par une vitrine qui s’anime, une musique qui se détourne de la bienséance consommatrice et de la morne habitude."Lafayette nous voilà!", tout un programme et presque une réhabilitation historique, des tranchées aux galeries, qui prend le biais de la danse et pas mal de contraintes liées au lieu.

Contrainte

Comme souvent, la contrainte peut faire naître pas mal d’inventivité et la chorégraphe Sarita Beraha prend d’ailleurs le parti barré de L’art de l’encombrement d’un poivron, en entraînant dans sa réflexion pimentée les performeurs basques Joxelu Berasategi, Johanna Etcheverry et Raul Garcia Etxeberria. Sous cet intitulé, la surprise pointe déjà et elle ne sera levée qu’à la condition de se déplacer, malgré quelques commentaires de la chorégraphe-danseuse née en Grèce : "le poivron a une gousse plus ou moins charnue qui renferme une multitude de graines blanchâtres, la cavité intérieure désignée par les parois que nous consommons étant par ailleurs vide".Maigre indice qui renverra pourtant à la réflexion du regard, de l’être en vitrine.Sans aller jusqu’aux putes hollandaises, qui s’affichent aux passants derrière des vitrines comme des objets de consommation courante, "le choix de ce thème pose la question du voyeurisme" relève Kristian Frédric.L’organisateur des Rencontres improbables et metteur en scène de Big shoot, pièce également sous verre qui portait ce thème du regard voyeur, y voit également une nouvelle dimension, avec un public qui n’est plus volontaire mais contraint ou surpris.Dans le même temps, cette vitrine reste une pellicule commerciale qui affiche une dualité.Elle est simultanément détournée de sa fonction et dans sa stricte condition racoleuse.Le magasin organise également "les 3 J", une opération commerciale de trois jours au même moment.Les rapports entre artistes et marchands ne sont jamais simples.Une chose est sûre, pour Kristian Frédric, "on est vraiment dans les rencontres improbables".


 
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