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Le JPB > Pays Basque 2006-10-14
M. Zapatero refuse l’existence d’un blocage du processus et incite Batasuna à se légaliser
·Le parti abertzale a qualifié de "man¦uvres de diversion" les propos du président espagnol sur sa légalisation

S’exprimant en marge d’une visite officielle au palais royal de la Zarzuela, dans le cadre des festivités du 12 octobre, Journée de l’Hispanité, le chef du gouvernement espagnol a déclaré que le processus de re-légalisation de Batasuna devrait aboutir avant les élections municipales et forales de mai 2007. Lors d’une rencontre informelle avec les journalistes, hors micro et caméra, José Luis Rodríguez Zapatero a cependant précisé que pour ce "retour à la légalité" la gauche abertzale devra créer une nouvelle formation politique, avec "de nouveaux objectifs et de nouveaux statuts", de façon à éviter toute "interdiction pénale".

Le chef de gouvernement espagnol exclut par conséquent toute modification de la Loi sur les Partis Politiques, créée ad hoc pour interdire Batasuna. Cette loi exige aux nouveaux partis de "ne pas coïncider, se rassembler ou s’identifier, avec aucun autre parti déclaré illégal, dissous ou en suspens par une décision judiciaire". M. Zapatero a ajouté que pour être légalisé, Batasuna devra "condamner la violence". "Il faudra voir quel sera le type de formule" utilisé, et "à quel moment" la déclaration sera réalisée. Mais "ce devra être avant les élections" de mai 2007.

Selon José Luis Rodríguez Zapatero, pour que la légalisation puisse être abordée, "il convient absolument" que la kale borroka disparaisse. Une fois légalisé, Batasuna pourrait participer à la table de dialogue des partis politiques, "comme n’importe quel autre parti politique".

Concernant les éventuelles conséquences que les affaires judiciaires ouvertes à l’encontre de Batasuna pourraient entraîner sur la nouvelle formation politique, M. Zapatero a déclaré que si ce parti "se conforme aux critères demandés pour devenir légal", il ne risquera pas ensuite des poursuites judiciaires. Cela dit, le chef socialiste a précisé qu’il faut "respecter les décisions des juges".

Par ailleurs, le président espagnol a voulu revenir sur les dernières spéculations concernant les contacts avec l’ETA et avertir que ces rencontres "ne seront pas publiques. Nous ne dirons pas si elles se sont produites ou non par respect pour les personnes qui y participent et pour la sécurité de l’État". D’après lui, le caractère secret de ces conversations est "nécessaire" pour qu’elles parviennent à bon port.

Enfin, contrairement à ce que la gauche abertzale a dénoncé dernièrement, M. Zapatero a affirmé que "le processus de fin de la violence avance dans des paramètres de temps et de formes raisonnables. (Š) Il n’y a jamais eu ce que l’on pourrait qualifier de blocage", a-t-il souligné tout en précisant que "dans un processus de ce type, nous avancerons parfois plus rapidement, d’autres fois moins, il y aura parfois plus de tensions, d’autres fois moins".

"Manoeuvres de diversion"

Selon le quotidien El País, proche du PSOE, M. Zapatero a souhaité "transmettre un message pour tranquilliser Batasuna" en donnant pour acquis le fait que ce parti pourra se présenter aux élections. Mais pour ce parti, les propos du chef socialiste relèvent d’une volonté de confondre l’opinion publique. "Cela fait partie des man¦uvres de diversion du gouvernement", a réagi Pernando Barrena, porte-parole de Batasuna. M. Zapatero "oublie complètement que ce qui est réellement nécessaire, c’est le dialogue politique", a déclaré le dirigeant abertzale sur la radio publique basque Radio Euskadi.

"Parler en ce moment de ce que ceux d’en face doivent faire pour être légaux fait partie des man¦uvres de diversion auxquelles nous a habitué le gouvernement espagnol", a déclaré le porte-parole navarrais de la formation de la gauche abertzale. Selon Pernando Barrena, l’objectif prioritaire étant la paix "il faudrait mettre en place le plus tôt possible la table de résolution, la table des partis politiques".



L’extrême droite en Pays Basque
Quelque 150 militants d’extrême droite arrivés depuis Madrid ont manifesté à Pampelune jeudi à l’occasion de la Journée de l’Hispanité pour affirmer l’appartenance de la province navarraise à l’Espagne. Malgré l’apologie du fascisme, les menaces de mort et les drapeaux illégaux, la police espagnole n’est pas intervenue si ce n’est pour disperser à coups de matraques les Pamplonicas qui ont protesté contre la présence des "ultras".



Le PP craint "l’altération des frontières" internes de l’UE
Dans la motion que le Parti Populaire a préparée pour la confronter à celle du PSOE lors du débat qui se tiendra le 25 octobre prochain au Parlement européen, la formation de la droite espagnole prévient les députés européens sur les conséquences du processus de paix amorcé en Pays Basque. Le PP craint "l’altération des frontières", car dans le fond, c’est la "question de l’autodétermination" du Pays Basque qui est en jeu.

Selon le PP, l’éventuelle approbation par le Parlement européen de la motion présentée par les socialistes, mettra "en danger les principes de la Démocratie et de l’Etat de droit, car l’intégrité territoriale d’un Etat membre sera modifiée".

La motion du PP sera plaidée par l’ancien ministre espagnol de l’Intérieur, malheureux candidat aux élections autonomiques basques et actuellement président du groupe du Parti populaire européen, Jaime Mayor Oreja.


 
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