Le gouvernement norvégien a confirmé samedi soir l’existence de "contacts" entre des représentants de l’organisation armée basque et des émissaires du gouvernement socialiste dans la banlieue d’Oslo. "Ces rencontres doivent lancer les négociations de paix officielles", a rapporté samedi la chaîne de télévision privée norvégienne TV2 en citant des sources gouvernementales qui confirment la tenue de telles discussions à l’heure actuelle. Toujours selon cette chaîne, le gouvernement norvégien aurait occupé le rôle de médiateur.
L’information sur ces contacts préliminaires avait été lancée le jour même par le quotidien monarchique espagnol ABC, selon lequel, l’objectif de ces "rencontres secrètes", qualifiées par le journal de "techniques", a été notamment de discuter du désarmement de l’ETA.
Selon ABC, aux deux extrémités de la table, "dans une villa près d’Oslo", se sont rencontrés Josu Urrutikoetxea, tenu pour chef de l’ETA, et Jesus Eguiguren, président du PSE (Parti socialiste d’Euskadi), et l’un des artisans de l’actuel processus.
Le ministre espagnol de l’Intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba a démenti samedi l’existence de rencontres secrètes entre le gouvernement espagnol et l’ETA. "Il n’y a pas de tels contacts à Oslo et par conséquent ce n’est pas une information véridique", a-t-il déclaré. "Lorsque les contacts commenceront, les premiers à en être informés seront les partis politiques". Stricto sensu, le démenti du ministre espagnol et la confirmation via TV2 du gouvernement norvégien ne sont pas contradictoires. En effet, M. Rubalcaba dément l’existence des contacts tels qu’ils ont été décrits par ABC: des rencontres entre l’ETA et le gouvernement espagnol. Jesus Eguiguren ne représentant pas l’exécutif de Madrid, mais le Parti Socialiste d’Euskadi, l’information du quotidien conservateur n’est pas véridique aux yeux du ministre espagnol.
Dans cette même logique, les contacts d’Oslo auraient pour but, selon TV2, de lancer des conversations officielles, et non pas comme le dit ABCde discuter du désarmement de l’ETA. Tout cela montre bien à quel point les mots sont mesurés, ce qui témoigne d’une situation assez tendue en Espagne en raison de l’opposition farouche de la droite à tout processus de paix.
Angel Acebes, le ministre de l’Intérieur qui, lors du massacre du 11-M à Madrid avait écarté la piste islamiste pour défendre aveuglément celle de l’ETA, a encore attaqué hier le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero. "L’ETA est à un pas de la victoire", a-t-il averti accusant les socialistes de se plier aux désirs de l’organisation armée basque. Il a évoqué dans ce sens le débat "inexplicable" qui aura lieu fin octobre au sein du Parlement européen.
Par ailleurs, des chasseurs landais ont trouvé dans une forêt de la commune de Labenne des sacs en plastique contenant des plaques d’immatriculation et une machine à les fabriquer. Elles avaient été volées dans l’Ain par un commando de l’ETA en mars dernier, juste avant l’annonce du cessez-le-feu permanent.