Le prisonnier politique Iñaki de Juana Chaos a mis un terme à sa grève de la faim entamée le 7 août dernier, a rapporté hier le quotidien Gara. Le militant donostiar avait démarré cette protestation afin de revendiquer ses droits, notamment à cause de sa mise en examen pour un délit présumé de "menaces" à la suite de la publication de deux articles d’opinion. Le Ministère Public a requis pour cela 96 années de prison supplémentaires, alors qu’il est incarcéré depuis déjà 20 ans.
Les sources pénitentiaires citées par l’agence espagnole Europa Press affirmaient que la santé du prisonnier continuait à évoluer de façon "positive" grâce au traitement qui lui était administré de force dans l’Unité de Nutrition Spécialisée de l’hôpital du Doce de Octubre à Madrid, où le prisonnier était arrivé vendredi.
Iñaki de Juana avait été transféré dans cet hôpital du fait de problèmes physiques rencontrés suite à la grève de la faim qu’il a menée pendant 63 jours. Depuis une dizaine de jours, il recevait à l’hôpital Punta de Europa d’Algeciras une alimentation forcée et des médicaments à la suite d’une décision de l’Audience Nationale espagnole en vue du procès qui devrait avoir lieu le 27 octobre contre le prisonnier donostiar justement autour de l’affaire des deux tribunes libres.
D’après des sources du Ministère de l’Intérieur espagnol, le changement de centre n’était pas une mesure d’urgence mais avait pour but "qu’il poursuive normalement son processus de récupération" dans le but de "garantir sa présence au procès". Les derniers rapports médicaux faisaient état d’un risque "pour sa santé et pour sa vie".
Samedi, des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Donostia-Saint Sébastien à l’appel du Forum d’Ibaeta pour exiger "le respect absolu et immédiat des droits des prisonniers politiques basques". La marche s’est terminée par la lecture du manifeste exigeant d’en finir avec "la terreur, le chantage et la vengeance exercés par les gouvernements espagnol et français" à l’encontre des détenus.