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Le JPB > Culture 2006-09-29
Le cinéma basque, endeuillé mais plein d’espoir
·Tristesse pour la disparition, mardi, d'un collègue, le producteur basque Luis Goya

Le cinéma basque a remis ces prix, mercredi soir à Donostia, sacrifiant au rituel de la journée de promotion qui lui est consacrée. Mais la cérémonie était partagée entre l'optimisme d'un avenir radieux sur la production basque et la tristesse de la disparition, mardi, d'une figure de la profession, le producteur basque Luis Goya. De nombreuses personnalités ont rendu hommage à cet homme plein de projets, terrassé dans les rues de Saint-Sébastien par un infarctus.

Il avait 55 ans et terminait la post-production du Film La sombra de nadie, de Pablo Malo. Il préparait également le tournage de son troisième film et d'un téléfilm, en plus d'une histoire sur la mythologie basque. Il était également connu comme membre fondateur du quotidien Egunkaria dont il fut adhérent du Conseil d'administration jusqu'en 1994. Miren Azkarate, chargée de la culture au gouvernement basque, n'a pu que regretter la double perte humaine et professionnelle pour le cinéma basque.

Luis Rubio, le producteur du film Kutsidazu bidea Ixabel, présenté hier soir à Zinemaldia, a dédié mercredi son prix à Luis Goya. Il s'agissait du prix de la production basque la plus risquée, attribuée par l'association des producteurs basques Ibaia.

Métaphore d'un vent d'espoir qui souffle sur le cinéma basque, le fil rouge de la soirée de gala du cinéma basque a été Goenkale, une fiction futuriste dans laquelle le cinéma basque compte parmi les industries les plus puissantes du monde.

Le directeur de photographie Javier Aguirresarobe a reçu le grand prix Amalur du cinéma basque et le prix Berria au meilleur court-métrage en euskara a été attribué à l'auteur de Mirori par Koldo Almandoz.



Banzaï aux nouilleries
Regards croisés du monde, deux ondes de choc se font ressentir à Donostia, toutes deux issues directement du 11 septembre. Deux classiques dans leur genre, avec d’une part la nouillerie pathétique d’Oliver Stone, toujours la même partition de violon qui use jusqu’à la corde les ressorts de l’émotion dans les décombres des Tours Jumelles, et le réalisateur japonais de service, Kore-eda Hirokazu, tout en délicatesse et en métaphores bien entendu.

C’est ce dernier film, Hana, qu’aurait dû voir George W. Bush avant de lancer la guerre Sainte en Irak, dont les désastres se mesurent encore dans le sublime Half Moon du réalisateur kurde Bahman Ghobadi. Et ce n’est pas tant parce que Hana est en compétition officielle pour la Concha d’Or. Du reste sa présentation a été reçue par les festivaliers de manière plutôt mitigée.

Mais plutôt parce que ce film porte réflexion jusque sur son affiche qui questionne : "Tuer ou ne pas tuer ?" Clairement, le réalisateur a sa réponse, en mettant en scène dans son cinquième long-métrage les doutes de son héros, l'aimable samouraï Sozaemon qui a pour mission de venger la mort de son père. Les histoires de vengeance, d’honneur et de Samouraï, ça le fait plus beaucoup rire Kore-eda Hirokazu, depuis les attentats du 11 septembre justement et ce "sentiment de vengeance (qui) a envahi le monde".

Et George W. Bush. Alors forcément, il n’était pas besoin d’en rajouter dans la nouillerie, toujours la même, celle de deux policiers héroïques dans le film World Trade Center, présenté hier au vélodrome d’Anoeta sur un écran grand comme une Twin Tower, ou bien celle de ce samouraï, toujours enclin au Banzaï dans les canons cinématographiques mondiaux.

"Jusque-là, l’image des samouraïs était celle de la mort, je voulais créer dans ce film un samouraï qui fasse le choix de vivre", a expliqué le réalisateur à Donostia. Déjà, il est très maladroit avec son épée. Peu à peu, il devient de plus en plus réticent à accomplir sa mission. Pendant plus de deux heures, rythmées par les interventions humoristiques des habitants d’un village du XVIIIe siècle qui deviendra Tokyo, le cinéaste japonais présente un samouraï pas comme les autres, partagé entre la parole donnée à son père et ses nouvelles amitiés au village. Par les temps qui courent toujours, ça fait du bien. La preuve, la première projection a été vivement applaudie.



Fin de chantier pour quatre films
Michèle SOLLE

La salle est pleine, mais juste de spectateurs qui attendent le début du film The Art of crying (ils n’ont pas tort, on en reparlera). Une poignée de professionnels squattent les 2 premiers rangs, le directeur du festival monte sur scène et annonce les jurés qui annoncent les prix.

Cris de joie, embrassades, un réalisateur brésilien est encore sous sa douche, son producteur prend la statue pour lui, des mots, des gestes, toute la salle applaudit devant tant d’enthousiasme. Précipitation, il faut faire vite, libérer la scène, place au cinéma ! Tout ce monde se rue sur la sortie, on ne déplore ni talon cassé, ni smoking froissé... les protagonistes étant venus en tenue de chantier.

Quatre films, deux brésiliens, un chilien et un argentin pourront ainsi être terminés, les équipes hurlent leur joie dans le portable devant le palais des festivals, comme pour une naissance. On les attend, ces films, de pied ferme, ici ou ailleurs.


 
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