Des centaines d'enseignants et parents d’élèves (300) ont fait grève et manifesté hier dans les rues de Bayonne pour protester contre le "manque de moyens" de la rentrée 2006 et pour s’opposer au projet du budget 2007 qui pourrait être encore en baisse et s’accompagnerait ainsi d’une nouvelle vague de suppressions de postes. Cette grève unitaire, à l'appel notamment de la FSU à laquelle se sont joints la FCPE, l’UNSA, le SGEN-CFDT, la Ferc-CGT et le syndicat LAB, s’est accompagnée d'un défilé dans Bayonne en fin de matinée, de la Bourse du Travail à la mairie.
LAB vers l’OPLB
Le syndicat LAB, pour sa part, a continué sa marche vers l’Office Public de la Langue Basque, OPLB, dont l’Education Nationale est partenaire. Outre son soutien au mouvement, LAB souhaitait dénoncer la situation de l’enseignement du basque dans les écoles (8 élèves sur 10 n’ont pas accès à la langue basque), et faire connaître ses revendications pour y remédier (voir édition du JPB du mercredi 27 septembre).La fédération FSU, et les autres fédérations solidaires du mouvement ont tenu une assemblée générale à la Bourse du Travail avant de partir en cortège vers la mairie. "Cette mobilisation sert à prendre en compte la réalité de l’enseignement d’aujourd’hui, de sa situation, et notamment de sa dégradation à cause des baisses budgétaires qui touchent le ministère de l’éducation", a expliqué Isabelle Soulé, Secrétaire départementale adjointe de la FSU 64. Au nom de sa fédération, elle "dénonce le futur budget 2007" qui proposerait, "une saignée jamais vue de 7100 à 8700 postes."
Les écoles du Pays Basque seraient bien évidemment touchées par cette réduction d’effectif, "elles le sont depuis un moment déjà". Ce qui a pour conséquence, selon la représentante syndicale, "de mettre en péril la qualité de l’enseignement, et de ne pas proposer la bonne réponse pour l’avenir de nos enfants, surtout face aux difficultés sociales et familiales actuelles. Si on veut de l’ambition pour nos jeunes, il faut une éducation de qualité. Cela passe par une hausse budgétaire pour augmenter les effectifs." Le budget 2007 n’a pas encore été validé par le gouvernement. Il devrait l’être courant octobre, puis discuter par l’Assemblée Nationale, pour enfin être accepté au mois de novembre.
Cette grève, une première riposte
"Ce budget conditionnera toute la rentrée 2007. Ça paraît loin pour les gens, et ils ont du mal à se mobiliser, mais il est nécessaire d’agir maintenant. Après ce sera trop tard. La FSU souhaite que cette grève dans l’éducation constitue une première riposte, et que se construise une réaction unitaire," a dit Isabelle Soulé.Dans tout l’hexagone, un peu plus 15% des enseignants se sont mis en grève, a annoncé le ministère de l'Education nationale. Selon le Snes-FSU, la moyenne de participation était de 29% de grévistes dans les collèges et lycées. Pour l’inspection Académique de Pau, la mobilisation pour le département était de 24%.