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Le JPB > Pays Basque 2006-09-20
Les chaisiers de Came ouvrent leurs portes
·L’activité ancestrale de la commune charnégou fait vivre sept entreprises et près d’une centaine d’emplois

On fabrique des chaises à Came depuis le XVe siècle. Ce savoir-faire transmis de génération en génération fait encore de ce métier l’une des activités économiques importantes de la petite commune charnégou de 700 habitants. L’entreprise Lataillade comme celle de Michel Malou existent par exemple depuis 1850. Avec l’Atelier du style, les entreprises des familles Gestas, Lataillade et l’Atelier des trois vallées, ce ne sont pas moins de sept entreprises qui composent l’Association des Chaisiers de Came. Jusqu’à dimanche, toutes ouvrent leurs portes au public pour faire découvrir ou redécouvrir cette activité.

"Cette opération veut rappeler que l’on existe. Les gens viennent moins qu’avant sur Came, donc on essaye de refaire parler de nous", explique Michel Malou, l’un des membres de l’association.

L’activité n’est pas en déclin, précise-t-il, mais "le marché est difficile, comme partout".

"Il faut se battre contre la concurrence étrangère, qui propose des produits qui n’ont pas du tout le même coût que les nôtres mais qui sont revendus pour la même somme", indique l’artisan chaisier. La Chine est encore montrée du doigt, plus particulièrement pour la fabrication du paillage des chaises ; les montures, elles, viennent souvent des pays de l’est.

Les produits bon marché des grandes chaînes de magasins d’ameublement ne font pas sourciller les chaisiers charnégous. "Le produit qui est à But n’est pas notre concurrent, ce n’est pas le même marché", explique Michel Malou. Lui fait plutôt dans le haut de gamme ; "ce n’est pas une clientèle qui a 20 ans".

À Came, on met particulièrement en avant la solidité des sièges fabriqués. "Au village, vous ne trouverez pas une chaise qui fera cinq ans, elles durent au moins une génération", affirme Michel Malou, convaincu. Le paillage se fait sur fût, c’est-à-dire directement sur la chaise, avec de la paille de seigle. Un argument de taille pour les chaisiers qui souffrent surtout de la concurrence des chaises faites d’une galette amovible posée sur la monture de bois.

Les entreprises comme celle de Michel Malou, qui emploie deux salariés, travaillent avec des rempailleuses qui officient chez elle après qu’on leur a fourni le paillage. "C’est vrai qu’elles sont plutôt âgées", reconnaît Michel Malou. Quand cette main-d’¦uvre viendra à manquer, il faudra peut-être s’orienter vers des artisans situés au Maroc, à défaut d’en trouver ici. Le reste de la chaise est tout aussi artisanal. Utilisant le chêne, le merisier, le noyer et parfois le hêtre, les entreprises travaillent sur de la copie d’anciens modèles, souvent pourvus de sculptures, mais peuvent aussi copier de façon personnalisée des chaises de particuliers, toujours avec des lignes simples et élégantes.

L’année 2007 se veut ambitieuse pour les sept entreprises déjà réunies en association depuis plusieurs années. Elles veulent redynamiser leur union en déposant une marque "Chaise de Came" auprès de l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle). "Nous voulons nous différencier formellement. Nous avons constaté dans la région des magasins qui vendaient en se servant du terme Chaise de Came alors qu’il n’en était rien", raconte l’artisan. Les chaisiers envisagent aussi l’organisation d’une Fête de la chaise l’été prochain, pour renforcer la notoriété en baisse de ce produit que les nouvelles populations semblent mal connaître.


 
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