Des milliers de brebis prennent leurs quartiers d’hiver aux Bardenas
La transhumance, c’est aussi descendre. Les brebis navarraises le savent bien, elles qui viennent de terminer un périple de près d’une centaine de kilomètres depuis les vallées pyrénéennes, pour entrer dans leurs quartiers d’hiver, les larges étendues des Bardenas, au sud de la Navarre. Lundi matin, les nombreux troupeaux se sont engagés sur leurs nouveaux pâturages depuis El Paso, sur la commune de Carcastillo, lieu d’entrée collectif du bétail. Cette transhumance d’automne donne lieu à de nombreuses animations tandis que les brebis défilent sans discontinuer.Après avoir passé l’été dans les vallées d’Erro et de Salazar, les troupeaux ont marché durant cinq jours et cinq nuits pour gagner les Bardenas lundi au petit matin. Dès 8 heures, 30000 brebis se sont officiellement engagées sur les terres de la Ribera. Au total 120000 brebis doivent y arriver ces jours-ci. Ce cycle de la transhumance se répète sans doute depuis la préhistoire ; il apparaît dans des documents de l’époque romaine et gagne sa reconnaissance officielle au Moyen-Âge, quand, en 882, le roi de Navarre concède aux bergers roncalais le droit de pacager et de construire des cabanes dans les Bardenas. Même si des dizaines de milliers de brebis accomplissent chaque année cette transhumance, la tendance semble s’orienter vers une sédentarisation des troupeaux dans les Bardenas. Les bergers les plus pessimistes estiment que d’ici dix ans, rares seront ceux qui perpétueront encore ce cheminement ancestral.
Entrée des brebis à Sorogain
Le spectacle de la marée blanche se déversant sur la Ribera laisse toutefois penser que la transhumance navarraise a encore de beaux jours devant elle.À une autre échelle, les troupeaux de brebis de la vallée de Baigorri vont également entrer en terres navarraises ce samedi. Avant de profiter des herbages de Sorogain, le bétail sera compté tête par tête en début de matinée, dans l’enclos situé près de l’auberge de Sorogain. L’occasion aussi de définir la redevance que drevont acquitter les bergers bas-navarrais et de vérifier les certificats sanitaires des troupeaux. À la fin du mois de septembre, les vaches, présentes depuis le mois de mai après marquage à Urepel, cèdent la place aux brebis, environ 3000, qui y resteront jusqu’au 11 novembre.
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