"Il est encore temps pour nous de sauver la vie d’Iñaki de Juana Chaos"
·Un rassemblement sera organisé vendredi devant le consulat d’Espagne à Bayonne
Un groupe de citoyens, mobilisés à titre individuel ou comme représentants de mouvements culturels, associatifs et syndicaux tels que LAB, AC!, Segi, Anai Artean ou Askatasuna, ont appelé hier la société basque à réagir à la situation que traverse le prisonnier Iñaki de Juana Chaos. En grève de la faim depuis le 7 août pour dénoncer une mise en examen qui l’empêche de sortir de prison après avoir purgé 19 ans de peine, ce militant donostiar est déterminé "à aller jusqu’au bout". "Ceux qui sommes ici, chacun dans son domaine, défendons la liberté d’expression et c’est pour cela que nous ne pouvons pas comprendre comment une personne peut être menacée de 96 ans de prison pour deux articles d’opinion", affirme le texte lu lors de la conférence de presse d’hier. "Malheureusement, la situation d’Iñaki de Juana Chaos n’est pas un cas isolé", ajoute le communiqué, tout en critiquant le fait que les conditions de détention n’ont fait qu’"empirer", en mettant en pratique "à prison à vie". "C’est le cas d’Unai et Jon Parot, de Filipe Bidart, de Fréderic Haranburu, de Jacques EsnalŠ", énumère le communiqué, selon lequel une centaine de détenus se trouvent dans la même situation. Les signataires de ce texte estiment que Paris et Madrid "utilisent encore les prisonniers comme moyen de pression, et nous ne pouvons pas accepter cela". D’autant moins qu’une opportunité de paix s’ouvre en Pays Basque : "le processus ne pourra avancer si les droits des prisonniers ne sont pas respectés".
Une lettre d’Iñaki de Juana
Cette réflexion est partagée par Iñaki de Juana lui-même, lequel, dans une lettre de remerciement pour les soutiens reçus, dénonce "l’immobilisme de ceux qui nient la parole du Pays Basque". Le militant donostiar explique les motifs qui l’ont conduit à mener une grève de la faim indéfinie. "D’abord, j’ai la ferme conviction que ce qui est fait avec moi, et, ainsi, la jurisprudence qui s’instaurera à partir de ce cas, comme c’est arrivé dans le passé, aura une influence sur la liberté d’expression et sur la dissidence politique, en plus d’en avoir sur moi-même". Il se dit convaincu de ne faire du mal à personne, "au contraire, s’il y a des conséquences bénéfiques, ce sera pour tout le monde. Si elles sont négatives, ça ne le sera que pour moi". Iñaki de Juana affirme qu’il ressent une "nécessité urgente de se rebeller et de lutter contre toute injustice". Il se dit "marionnette médiatique" : "en tant que tel, ils m’ont frappé, insulté et détruit. Ils ont intoxiqué les gens sur ma situation personnelle, académique et politique". Enfin, dans sa lettre datée du 11 septembre, il rappelle le motif principal de sa décision : dénoncer le fait de "vouloir me punir de 96 ans de prison pour deux articles d’opinion". Selon Askatasuna, le prisonnier, incarcéré à Algeciras, à plus d’un millier de kilomètres du Pays Basque, est déterminé à "aller jusqu’au bout". L’Audience Nationale espagnole a ordonné aux médecins de lui pratiquer une perfusion au moment où sa vie serait en danger, mais Iñaki de Juana Chaos refuse toute intervention médicale. "Il est encore temps pour nous de sauver la vie d’Iñaki de Juana Chaos", a-t-on souligné hier. "Demain, il sera peut-être trop tard". Un rassemblement est organisé vendredi à 18h30 devant le consulat d’Espagne à Bayonne sous le thème : "Contre la prison à vie. Liberté pour Iñaki". Les organisateurs se sont également joints aux rassemblements qui auront lieu, comme tous les derniers vendredis du mois, le 29 septembre prochain à l’appel de l’association des familles Etxerat.
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